Inforespace, n° 100, 2000, 5-40. Internet, février 2001.

Analyse et implications physiques

de deux photos de la vague belge

A. MEESSEN, Professeur à l'U.C.L.

      La vague d'OVNI sur la Belgique (1989-93) était remarquable à cause de l'apparition massive d'objets d'un nouveau type et d'une excellente coopération avec les autorités du pays. En outre, nous avons étudié à fond le problème de la détection radar et dans cet article, nous approfondissons l'analyse de deux photographies surprenantes. Ce qui apparaît sur ces documents est différent, en effet, de ce qu'on avait perçu visuellement. Nous prouvons que cela résulte de la présence de lumière invisible: infrarouge dans un cas et ultraviolette dans l'autre. La lumière IR fait sans doute partie d'un système de vision nocturne, tandis que la lumière UV résulte d'une ionisation locale de l'air, liée aux mécanismes de la propulsion. On peut même dire que les grands " phares " des OVNI de la vague belge constituent un système de guidage auxiliaire. Ils peuvent également émettre des faisceaux lumineux de type " lumière solide ". Il pourrait s'agir d'ondes de plasma ioniques, liées à des ondes purement électriques.

Introduction

     Les objets volants non identifiés qui ont été observés très souvent en Belgique de l'automne 1989 à l'automne 1993 étaient différents des ovnis classiques. Ceux-ci étaient pratiquement toujours des objets à symétrie axiale, qu'il s'agisse de disques, de sphéroïdes ou de cylindres. Les ovnis de la vague belge étaient par contre, presque tous, des plates-formes comportant des coins. Elles présentaient une grande variété de formes et de dimensions, mais la face inférieure était plane avec une structure centrale plus ou moins proéminente. L'attention des témoins a été attirée surtout par les grands phares ronds, situés près des coins. Ils étaient encastrés dans la face plane inférieure et pouvaient être éclairés de manière uniforme ou émettre des " faisceaux lumineux " d'un type inhabituel.

     La SOBEPS a publié deux rapports [1, 2] qui fournissent de nombreux exemples d'observations. Dans la suite, ils seront désignés respectivement par VOB.1 et VOB.2, avec l'indication de la page à laquelle on se réfère. En fait, la vague belge a impliqué 4000 à 5000 témoins et elle a abouti à la constitution d'un dossier de plus de 20.000 pages. On a réalisé de l'ordre de 1500 enquêtes, souvent très approfondies. Quand l'accumulation progressive des observations est mise en graphique (VOB.2. 360), il apparaît que cette vague comportait différentes phases.

     Il y a eu une période de préparation qui a duré deux mois, avec un taux moyen de 0,4 observations par jour. Brusquement, le 29 novembre 1989, il y eut en quelques heures et dans une région limitée, près de 150 observations indépendantes. On était donc confronté à une vague exceptionnelle, bien que toute son ampleur ne pouvait pas encore être évaluée à ce moment. A cause de la qualité des premiers témoignages, les médias se mobilisèrent de suite. Ils constatèrent d'ailleurs qu'il y avait encore des observations d'OVNI pendant les jours et les semaines qui suivirent. En fait, elles se sont accumulées au taux moyen de 6,4 par jour, pendant quatre semaines. Ensuite, le taux moyen est tombé à 1,5 par jour pendant quatre mois et puis à environ 1 par jour pendant touteune année, avec des petites variations passagères. Ce n'était pas fini. La courbe de croissance ne s'est saturée qu'en novembre 1993, avec quelques accroissements occasionnels plus importants. Le 26 juillet 1992, par exemple, il y eut 27 observations, faites par 72 témoins.

     Un cas mérite tout particulièrement notre attention, parce qu'il illustre des aspects qui joueront un rôle important dans la suite. Il s'agit de la plate-forme triangulaire que les gendarmes von Montigny et Nicoll ont découverte le soir du 29 novembre 1989, près de la route qui mène d'Eupen à la frontière allemande. J'ai mené une enquête sur ce cas en 1989 et je l'ai approfondie en 1997 [3, 4]. Pour visualiser un objet typique de la vague belge et les faisceaux qui joueront un rôle important dans la suite, je reproduis un dessin, réalisé d'après la description des témoins (figure 1).
 
 


Figure 1: Le triangle observé le 29 novembre 1989 par les gendarmes von Montigny et Nicoll.

     Cet objet se tenait immobile, à environ 120 m au-dessus d'une prairie, éclairée d'une lumière blanche, très intense. Elle provenait de trois grands phares, situés près des coins du triangle. En fait, les gendarmes voyaient trois " faisceaux lumineux ", formant des cônes dont les bords étaient bien définis et dont le volume intérieur était lumineux. L'air était sec, pourtant, puisqu'il avait gelé depuis le début de novembre dans cette région. Cela veut dire qu'il ne pouvait pas s'agir simplement de lumière, diffusée par des particules en suspension dans l'air. Ces énormes " phares " devaient produire une autre radiation, interagissant avec les molécules de l'air de telle manière que celles-ci émettaient de la lumière dans n'importe quelle direction.

     Les gendarmes étaient très surpris, mais pensaient à ce qui leur semblait le plus normal. Serait-ce un nouveau type d'engin militaire? Ils n'entendaient pas de bruit venant de là, bien que c'était un objet de grande dimension, puisque la base, entre les coins coupés, avait une longueur de 30 à 35 m [5]. Brusquement, cet engin se mit en mouvement, pointe en avant. Il s'est déplacé à hauteur et vitesse constantes (environ 50 km/h), parallèlement à la route. Les gendarmes étaient particulièrement étonnés [6], quand ils ont constaté que cet engin s'arrêtait en l'air et tournait sur place de 180°. Il est reparti, en longeant la route. Il a survolé la ville d'Eupen, mais s'est arrêté au-dessus d'une tour éclairée au barrage de la Gileppe. Il y est resté immobile pendant une heure, tandis que les deux gendarmes occupaient un poste d'observation à 4,6 km de là [4]. Pourtant, ils voyaient que des côtés de l'objet émergeaient deux minces faisceaux rectilignes d'une lumière rougeâtre. Ils étaient horizontaux et symétriques. Les extrémités étaient marquées par deux boules rouges, partant rapidement jusqu'à une distance de l'ordre du kilomètre.

     Ayant atteint leur extension maximale, les faisceaux restaient invariants pendant quelques minutes. Après cela, ils n'étaient plus visibles, tandis que les boules revenaient vers l'objet et tournaient encore pendant quelques minutes autour de celui-ci. Finalement, elles s'éteignaient ou rentraient dans l'objet, mais après quelques minutes, tout ce processus recommençait d'une manière identique. Il s'est répété aussi longtemps que l'objet est resté à cet endroit. Seuls les intervalles de temps étaient variables. On ne peut pas rendre compte de ces faits, en admettant qu'il s'agissait de faisceaux de lumière émis par des lasers. Ceux-ci peuvent émettre de minces faisceaux cylindriques d'une lumière très intense, mais elle aurait été soumise à une atténuation progressive, sans boule à son extrémité. De toute manière, la diffusion latérale de la lumière aurait été insuffisante pour qu'on puisse la voir d'aussi loin. Notons qu'on a observé encore d'autres " boules rouges ", associées à des OVNI de la vague belge (VOB.1. 38, 88; VOB.2. 165-166).

     Après cette vague, on doit finalement reconnaître que l'hypothèse sociopsychologique est obsolète. Pourquoi tellement de personnes auraient-elles brusquement commencé à " voir " un nouveau type d'OVNI? Si l'on se donne la peine d'examiner les faits d'une manière objective, on constate aussi qu'il s'agissait d'objets réels, matériels et technologiques, mais non conventionnels. Il y a certainement assez d'observations visuelles rapprochées pour écarter l'hypothèse des phénomènes naturels, mal interprétés, mais ne pourrait-il pas s'agir d'avions secrets ou d'engins plus légers que l'air? L'hypothèse des appareils d'origine terrestre est contredite par tout un ensemble d'arguments: la grande variété des formes, le caractère inédit des comportements mécaniques, acoustiques et optiques, l'incompréhension des principes de fonctionnement, l'incongruité de tests à basse altitude au-dessus d'un pays très peuplé et surtout le fait que personne n'a pu fournir le moindre élément de preuve pour soutenir cette hypothèse, même pas dix ans plus tard.

     Que reste-t-il? L'hypothèse paranormale, chère à certains, ne peut pas être exclue a priori, mais elle est méthodologiquement inefficace, parce qu'on ne peut pas expliquer ce qu'on ne comprend pas à partir de ce qu'on comprend moins encore. Il faut donc faire face à l'hypothèse extraterrestre. Elle est à la fois plus plausible et plus intéressante, puisqu'elle permet de travailler dans le cadre d'une rationalité scientifique. L'obstacle principal réside dans la peur qu'elle suscite, non seulement vis-à-vis de l'inconnu, mais aussi par rapport aux pressions de la société humaine. Vouloir continuer à fermer les yeux et l'esprit ne serait cependant ni rationnel, ni humainement responsable. On peut évidemment objecter que nous ne comprenons pas comment des voyages à travers l'immensité des espaces interstellaires pourraient être réalisés avec la facilité que suggèrent le grand nombre et la diversité des observations d'OVNI. C'est vrai, mais s'il y a des civilisations extraterrestres, beaucoup plus anciennes que la nôtre, elles pourraient en savoir plus que nous. De toute manière, ne faudrait-il pas examiner au moins ce qui s'est passé et continue à se produire à la surface de la Terre?

     Dans cet article, nous examinerons très modestement deux photographies. Elles ont été prises en avril 1990 à Ramillies (province du Brabant Wallon) et à Petit-Rechain (province de Liège). Nous présenterons les données du problème et nous les analyserons, afin d'en extraire ce qui est essentiel, mais pas directement apparent. Nous essayerons de comprendre ces résultats, en cherchant à les relier à ce qui est déjà connu. C'est la procédure habituelle, en sciences et elle s'applique aussi à l'étude du phénomène OVNI.

Les préjugés des opposants

     Pour illustrer les attitudes qui peuvent encore exister et s'exprimer de nos jours, nous présentons les réactions que la vague belge ont suscitées dans certains milieux. Cela concerne également la " photo de Petit-Rechain ". André Lausberg, chef de travaux à l'Institut d'astrophysique (IA) de l'Université de Liège, avait déjà pris position en faveur de l'hypothèse sociopsychologique, juste avant la vague belge et ensuite en juin 1990. Lors de la sortie du premier rapport de la SOBEPS, en octobre 1991, il s'érigea en juge et déclara que " la farce a assez duré " [7]. Il lança également un communiqué de presse virulent, avec l'appui ou la protection de neuf autres signataires [8].

     Leur objectif était de discréditer les travaux de la SOBEPS, en partant de la conviction qu'il est impossible ou du moins fort improbable que les OVNI de la vague belge puissent être d'origine extraterrestre. On affirmait donc que " l'ensemble de la problématique des OVNI repose quasi uniquement sur des témoignages ". L'axiome fondamental de la théorie sociopsychologique est que ces témoignages ne sont pas fiables. Persuadés de cette " vérité ", les signataires faisaient appel aux médias et aux enseignants, pour que leur message soit diffusé " et qu'ainsi seront mieux rencontrées les exigences à la fois de la rigueur scientifique et de l'information objective. "

     A ce moment, Patrick Ferryn avait déjà exposé les faits concernant les photos de Ramillies et de Petit-Rechain [9] et A. Meessen avait fourni des arguments théoriques et expérimentaux pour rendre compte de la première photo à partir d'une intervention de lumière infrarouge [10]. Cette explication n'a été contestée par personne, mais P. Magain et M. Remy de l'IA de Liège ont attaqué la fiabilité de la photo de Petit-Rechain, en suggérant qu'il était facile de l'imiter. Cela découlait de leur credo: le phénomène OVNI repose uniquement sur " toute une gamme de confusions, d'affabulations, de récits poétiques, de méprises conscientes ou inconscientes " (Lausberg, 1990).

     Dans le second rapport de la SOBEPS, Patrick Ferryn a présenté un ensemble d'analyses de la photographie de Petit-Rechain [11], en donnant la parole à P. Magain et M. Remy, pour qu'ils décrivent eux-mêmes la procédure suivie et ce qu'ils en ont déduit (VOB.2. 229-231 et photo 3.5). Voici leurs conclusions: " Vu la facilité de produire la "photo de Petit-Rechain" par trucage, vu les invraisemblances dans les témoignages et, surtout, les contradictions entre ceux-ci et la photographie elle-même, nous ne pouvons qu'émettre les plus nettes réserves quant à l'authenticité de ce document qui constitue une des pièces majeures de la vague belge. " Chacun pourra en juger lui-même, après avoir pris connaissance de toutes les analyses, mais l'objectif visé était clair: mettre en doute toutes les observations de la vague belge, en affirmant que la photo de Petit-Rechain pourrait être un faux.

     Au moment de la sortie du second rapport de la SOBEPS, P. Magain allait encore plus loin [12]. Il proclamait: " Il m'a été possible d'expliquer de façon naturelle l'éventail des observations relatives à la "vague belge". " En fait, il n'expliquait rien du tout, mais il rejetait l'ensemble des témoignages, parce que le soir du 1er décembre 1992, il avait vu un Awacs, doté de trois feux, disposés en triangle. Il en tirait une conclusion péremptoire: " Il ne fait guère de doute que c'est lui qui fut pris pour l'OVNI et qui déclencha la "vague belge". " Beaucoup d'observations d'objets volants non identifiés ont été faites pourtant à moins de 500 m et même parfois à moins de 50 m au cours de la vague belge (VOB.1. 442). P. Magain avait sous-titré son communiqué [12] de la manière suivante: " Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. " Là nous sommes d'accord.

     Les problèmes posés par le phénomène OVNI peuvent être fort compliqués, comme on a pu le constater pour l'étude de la détection radar [13]. J'aimerais bien que les opposants fassent preuve d'autant de sens critique qu'il en a fallu à cet égard. Quant à la photo de Petit-Rechain, il est correct que les deux témoins avaient vu des lumières rondes, tandis que sur la photo, on voit à leur place des éclats de lumière très complexes. P. Magain et M. Remy estiment que cette contradiction fournit un argument qui soutient la thèse que ce document est un " faux ". D'après les règles de la critique historique, on dirait plutôt que c'est un gage d'authenticité, puisqu'on ne présenterait pas un " faux ", en le contredisant soi-même oralement. Il faudrait alors admettre la réalité de la contradiction et chercher la cause de celle-ci.

     Dès 1991, cela m'a amené à formuler l'hypothèse que les phares n'avaient pas seulement produit de la lumière visible, mais aussi de la lumière invisible, ultraviolette. J'ai trouvé assez rapidement les premiers éléments de preuve, mais mes obligations professionnelles et l'étude de la détection radar m'ont empêché de terminer cette recherche au moment de la rédaction du second rapport de la SOBEPS. C'était fait en octobre 1994, lors de la sortie de ce livre. J'ai donc présenté les résultats à la conférence de presse et aux conférences publiques. L'une d'elles s'est tenue à Liège, mais P. Magain et les autres membres de l'IA de Liège y brillèrent par leur absence.

     Le 5 mai 1997, la SOBEPS a organisé une " journée d'étude consacrée à la photographie dite de Petit-Rechain ". Elle eut lieu à l'Ecole Royale Militaire, pour donner l'occasion à tous les scientifiques qui avaient étudié cette photo d'en discuter entre eux [14]. P. Magain avait été invité par P. Ferryn et il avait accepté d'y présenter son expérience de trucage et ses conclusions, mais juste quelques jours avant le 5 mai, il s'est désisté. Dès que j'en ai eu connaissance, j'ai contacté d'autres membres de l'Institut d'astrophysique de l'Université de Liège, signataires des fameux communiqués de presse [8, 12], mais personne n'a voulu venir.

     Dans cet article, nous essayons d'aboutir à une vue d'ensemble des faits qui sont importants pour l'analyse des photos de Ramillies et Petit-Rechain. Nous présentons les arguments qui mettent en évidence l'intervention de lumières invisibles et nous cherchons à savoir pourquoi il y en avait. Nous serons amenés à pénétrer un peu dans le domaine de la physique des OVNI. Il est vaste et sans doute très difficile, mais il faudra qu'un jour, on finisse par percer ce mystère.

L'objet volant non identifié de Ramillies

     Le soir du 31 mars 1990, trois membres de la SOBEPS s'étaient rendus chez un témoin, pour une enquête importante [15]. Après cela, ils se sont rendus à un carrefour isolé, loin de tout éclairage public, sur le territoire de la commune de Ramillies. A cette époque, ils pouvaient se dire qu'ils auraient peut-être une chance de voir un OVNI, mais l'objectif essentiel était de prendre des photos d'avions. Patrick Ferryn, le spécialiste de la SOBEPS, chargé de la collecte et de l'examen critique des films vidéos et des photographies qui pourraient fournir des images d'OVNI, avait besoin de références pour détecter des confusions. Or, le ciel était " superbement dégagé " et on se trouvait justement sous un couloir de trafic aérien.

     Le groupe est arrivé à l'endroit choisi vers 23 h 30. Patrick Ferryn avait choisi un film couleur à négatifs, très sensible (FUJI, 1600 ASA). Sa camera (Nikon F2 avec un objectif Super Komura 300 mm, 1:5) était montée sur un trépied et toutes les photos allaient être prises au 1/125 s. Vers 1 h 05, il vit apparaître à l'horizon un point lumineux très brillant de couleur jaunâtre. Bien que les feux-avant d'un avion puissent être très intenses quand on les voit pratiquement dans l'axe de vol, cette couleur était inhabituelle. Estimant que cela manquait à sa collection, P. Ferryn prit trois photos dans la phase d'approche. Pendant ce temps, la lumière devenait de plus en plus blanche et l'on vit apparaître deux paires de phares, projetant de longs faisceaux vers l'avant. Le troisième cliché était pris à 45°. Dans le viseur, l'objet couvrit alors 1/3 de la largeur de l'image attendue.

     Il devenait évident que cet engin était inhabituel. Lucien Clerebaut, secrétaire général de la SOBEPS, le scrutait au moyen de puissantes jumelles (10 x 50) et José Fernandez, étudiant à cette époque, le regardait à l'oeil nu. L'objet est passé exactement au-dessus des témoins et à ce moment, Patrick Ferryn le regardait sans photographier. Quand l'objet partait, il prit encore une photo à 45°. Le lendemain matin, il a dessiné ce qu'il avait vu et les deux autres témoins étaient d'accord avec sa représentation (figure 2).
 
 

Figure 2: L'objet volant non identifié qui survola les trois témoins à Ramillies.

     J'ai demandé récemment à chacun des témoins ce qui avait vu et pensé au moment du survol. Monsieur Clerebaut qui filtrait d'habitude les appels téléphoniques des témoins, voulait être " absolument certain ". Il s'attendait à voir un avion, mais cet engin n'avait pas d'ailes, pas de réacteur, pas d'empennage et vu de l'arrière, pas de gouvernail de direction. C'était une masse sombre, globalement triangulaire, avec des côtés courbés vers l'extérieur et des coins arrondis. Les deux paires de faisceaux orientés vers l'avant étaient divergents, sans bords nettement définis. La face inférieure de l'objet était plate. Il n'y avait pas de structures et on ne percevait même pas des contours de phares possibles, non allumés. Les faces latérales, apparemment verticales, ne comportaient pas de hublots. L'objet semblait avoir la taille d'un Boeing et dans ce cas, son altitude aurait été de l'ordre de 400 m. Les autres témoins ont eu la même impression. Disons que l'altitude était comprise entre 300 et 500 m, la limite inférieure étant basée sur la mise au point de l'image que M. Ferryn effectua très soigneusement. Quand il a pris la troisième photo, il a vu l'engin dans son viseur d'une manière nette et bien contrastée [16].

     La vitesse n'était pas grande pour un appareil qui vole tellement bas: de l'ordre de 100 à 150 km/h et bien qu'on se trouvait loin des routes, M. Clerebaut n'a entendu aucun bruit venant de l'objet, jusqu'à ce qu'il s'éloignait. En fait, il pense qu'il a commencé à l'entendre quand l'objet se trouvait à l'aplomb. D'après lui, on aurait pu attribuer ce bruit à un moteur, mais il était étonnement faible, vu la grandeur de cet engin.

     José Fernandez s'attendait aussi à voir un avion. Il fut surpris de constater que la partie avant dessinait une courbe continue, très large. Derrière cela, il n'y avait pas de fuselage, mais un corps pratiquement triangulaire assez court. Il était très sombre et plat. Les contours se détachaient parfaitement sur le fond du ciel étoilé. Cela aurait pu être " une sorte d'aile volante, très silencieuse ". Monsieur Fernandez se rendit compte seulement d'un bruit après le passage à la verticale. C'était comme un sifflement de réacteur, mais très étouffé: " ce n'était pas un réacteur normal ". M. Fernandez n'a rien ressenti de spécial et n'a pas perçu des modifications du milieu ambiant. Il n'y avait pas d'échauffement, pas de mouvements de l'air et pas d'éclairement du sol. Quand je lui ai demandé ce qu'il avait pensé à ce moment, il répondit: " J'étais curieux, mais j'ai essayé de rationaliser au maximum: est-ce que ce n'est quand même pas un avion? "

     Bien que l'objet lui-même était tout sombre, comme le fond du ciel, " l'ensemble contrastait à merveille avec l'obscurité ". C'est ce que monsieur Ferryn avait constaté aussi dans le viseur de son appareil photographique. Il y avait en effet quatre faisceaux d'une lumière blanche, très intense et le bord avant, très large et uniformément courbé, comportait de nombreuses petites zones de lumières réfléchies ou émises. Un faible rougeoiement était notable près du centre et le bord arrière de l'objet était également éclairé. Après cela, P. Ferryn s'est rendu souvent aux abords de l'aéroport national, pour y observer des avions, mais " même quand la nuit est noire, on voit énormément de détails de structure ", tandis que la face inférieure de cet objet était simplement plate. Parce qu'il n'y avait pas de phares orientés vers le bas, Patrick Ferryn se dit à ce moment: " ce n'est pas l'OVNI ".

     Cet engin se déplaçait d'ailleurs d'un mouvement rectiligne uniforme, somme toute banal, tandis que les OVNI se font souvent remarquer par des anomalies manifestes. Quand il vit l'objet de l'arrière, Patrick Ferryn entendit même un bruit qui ressemblait à celui des réacteurs d'avions, bien qu'il fut " anormalement étouffé ou atténué ". Il se dit alors: " c'est un prototype ".

     Cela me donne l'occasion de souligner un point important. Contrairement à ce que nos détracteurs pourraient penser, on était très critique à la SOBEPS et on n'excluait pas du tout qu'il puisse y avoir des avions de type inconnu. Monsieur Ferryn m'a décrit son état d'esprit pendant l'observation: " pour moi, mis à part la forme, ce n'était pas particulièrement étrange ". La surprise est venue après le développement du film.

Un paradoxe et l'hypothèse de l'infrarouge

     Le lendemain, j'ai déjà eu une description détaillée de ce qui s'était passé, mais le film ne pouvait être développé que le jour suivant. Monsieur Ferryn me téléphona et me fit part de sa perplexité: " je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est passé ". Toutes les photos du film étaient normales, à l'exception de celles de l'objet volant non identifié. A première vue, il n'y avait " rien " sur ces photos. Plus tard, en scrutant les photos avec une loupe, M. Ferryn a découvert quatre petits points blancs sur la troisième photo, mais leurs intensités et leur distribution relative n'étaient pas en accord avec ce qui aurait dû apparaître. C'était paradoxal, mais je savais que les trois témoins étaient les meilleurs que je pourrais espérer trouver et en discutant différentes possibilités, nous n'avons pas trouvé des défaillances techniques possibles.

     J'étais donc obligé d'admettre certains faits. (1) Il y avait réellement eu de la lumière visible. (2) Elle avait traversé l'objectif et agi sur le film pour produire une image latente. (3) Celle-ci aurait dû être révélée par le processus du développement, mais cela ne s'était pas produit. Puisque les autres photographies n'étaient pas altérées, il fallait supposer que l'image latente avait été effacée au moment de la prise de vue. (4) Il était concevable qu'une radiation invisible aurait traversé l'objectif en même temps que la lumière visible et que c'était elle qui avait détruit l'image latente. Le candidat le plus plausible était la lumière infrarouge, parce qu'elle traverse le verre de l'objectif et je suspectais qu'elle pourrait défaire le travail de la lumière visible.

     En examinant la littérature scientifique, je trouvais effectivement que l'image latente, formée en lumière visible, peut être effacée plus ou moins par de la lumière infrarouge. On peut la superposer par après ou simultanément. C'est " l'effet Herschel ", mais cela ne me suffisait pas. J'ai voulu comprendre le processus photographique normal et pourquoi la lumière infrarouge peut produire un effet antagoniste. Disons simplement que les photons de lumière visible absorbés dans des petits cristaux d'halogénure d'argent (AgCl, AgBr ou AgI) créent de minuscules agglomérats d'atomes d'argent. Ces " grains " ont des tailles variables, avec 1, 2, 3, 4, 5 ou plus d'atomes d'argent, mais il faut que la taille soit suffisante pour que ces " germes de cristallisation " puissent grandir au cours du processus du développement. Normalement il faut qu'il y ait au moins trois atomes d'argent. Or les photons de lumière infrarouge sont absorbés par les grains déjà constitués et ils en réduisent la taille, en enlevant des atomes d'argent. Si l'on tombe au-dessous du seuil critique, le développement de l'image latente n'est plus possible.

     C'était intéressant en soi, mais ne démontrait pas encore que la troisième photo prise à Ramillies pouvait se présenter comme s'il n'y avait pratiquement pas eu de lumière visible. Est-il vraiment possible d'en arriver à un effacement complet de l'image latente avec du matériel photographique commercial d'aujourd'hui? Il fallait passer par un test expérimental, mais avant cela, on pouvait se dire au moins qu'une exposition simultanée de très courte durée renforcerait " l'effet Herschel ". En effet, la lumière visible ne parviendrait qu'à former de petits grains, plus facilement réduits au-dessous de la taille critique.

La preuve expérimentale

     Patrick Ferryn devait être très perplexe, puisqu'il avait vu et photographié un objet doté de lumières, mais contrairement à toute son expérience de photographe, il n'y avait pratiquement rien sur la photo. " C'était une chose tout à fait impossible " ou du moins " illogique et incompréhensible " [9]. Les opposants diraient sans doute que s'il n'y avait pas d'image, il n'y avait rien à photographier! Ils sont convaincus d'avance que phénomène OVNI devrait être étudié par des sociologues et des psychologues, voire des psychiatres. Une autre hypothèse était possible cependant et elle pouvait être testée expérimentalement. Le principe de l'expérience était simple, mais efficace (figure 3).

Figure 3: L'expérience concernant l'effet Herschel

     Un mince faisceau de lumière blanche était dispersé par un prisme, afin d'étaler ses composantes spectrales sur un film. Celui-ci était contenu dans un appareil photographique, dont l'objectif avait été enlevé. Puisque cela préserve le mécanisme d'obturation, nous pouvions prendre des photos avec des temps d'exposition différents, entre 2 et 1/1000 s. De la lumière infrarouge était fournie par une source relativement intense (lampe Philips de 150 W, avec un réflecteur interne), pourvue de deux filtres (Edmund, USA) pour arrêter toute lumière visible. Je superposais de la lumière infrarouge sur la partie inférieure de la photo, la partie supérieure étant protégée. Ces expériences ont été réalisées avec deux types de films: Kodachrome, dia 25 ASA et Fujicolor, nég. 1600 ASA.

     La question était de savoir si l'image latente pouvait être effacée complètement dans les trois couches photosensibles d'un film couleur. La réponse fut claire et nette. Pour le film dia, l'effet Herschel était complet du moment que le temps d'exposition était inférieur ou égal à 1/60 s (VOB.1. photo 7.17a). Pour des temps d'exposition plus longs, l'effet Herschel n'était que partiel, mais la partie supérieure de la photo était alors surexposée. Le film à négatifs, plus sensible, présentait des surexpositions plus fortes. La suppression totale de l'image latente y était pourtant réalisable.

     A Ramillies, le temps d'exposition était de 1/125 s et l'intensité de la lumière visible y était sans doute beaucoup plus faible que dans mon expérience. On savait aussi que des clichés avaient été réellement pris, puisqu'il y avait quand même quelques petits points blancs sur les photos. Est-ce que la lumière infrarouge n'aurait pas dû être d'un type particulier, pour que l'effet Herschel puisse se produire? Non, le spectre n'est pas critique. Cela se comprend théoriquement [17] et a été confirmé par des expériences [18]. Rappelons que la limite de visibilité s'étend dans le rouge jusqu'à 700 nm. Quand la lumière IR est intense, l'effet Herschel est le plus fort entre 730 et 850 nm, mais déjà fort entre 700 et 1000 nm. Pour des intensités plus faibles et un effet Herschel peu marqué, le maximum se situe à 740 nm. La transmission optique du verre s'étend jusqu'au-delà de 2000 nm et même ces fréquences contribuent encore à l'effet Herschel.

Pourquoi de l'infrarouge?

     Puisque l'objet photographié à Ramillies survolait le territoire, en pleine nuit, on peut admettre qu'il observait ce qu'il y avait au sol au moyen d'un système de vision nocturne à lumière infrarouge. Le principe est simple et bien connu. La lumière infrarouge passe à travers le verre. On peut donc la capter au moyen de lentilles pour former une image sur une photocathode. Celle-ci se trouve sur la face interne d'un tube en verre, où l'on a fait le vide. Les électrons émis à un endroit donné de la photocathode sont accélérés et déviés par des électrodes, pour qu'ils tombent à un endroit donné d'un écran lumineux. L'image initiale en lumière infrarouge est donc transformée en une image identique en lumière visible. Elle est observée au moyen d'un oculaire. Il s'agit donc d'un " convertisseur d'image ".

     Je possède moi-même desjumelles à vision nocturne (BN. 2,5 x 42, d'origine soviétique). Cela n'a rien de sorcier, mais le colonel Corso voudrait nous faire croire [19] que le laser, le transistor et les appareils de vision nocturne auraient été développés à partir des renseignements tirés de l'épave d'un OVNI, récupéré à Roswell. Ce n'est pas crédible pour un physicien, parce qu'on connaît bien les étapes de ces développements, mais la tactique de base des Services secrets est d'induire en erreur, en mélangeant des informations diverses. En 1998, j'ai vu le colonel Corso au Congrès ufologique de San Marino. Certains le fêtaient comme une vedette, à cause de ses " révélations ". D'autres s'en méfiaient. Pour ma part, je l'observais avec un certain amusement: il continuait à mener une double vie d'espion.

     Cela mérite quelques précisions. Philip Corso est entré en fonction à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, comme capitaine des services de renseignement. Il était à Rome de 1944 à 1947. Ensuite, il a suivi les cours de la Military Intelligence School, aux Etats-Unis. Le 6 juillet 1947, il était stationné à Fort Riley, où il aurait eu l'occasion d'assister au transit de matériel venant de Roswell pour être examiné par le " Air Material Command " à Wright Field, Ohio. Au cours de la nuit, il aurait même vu le corps d'un des êtres décédés. Il en dit qu'il " n'était pas de cette planète ". Admettons. Ce n'est pas impossible, mais cela ne nous apprend rien d'important. Au début des années 50, Corso a travaillé en Corée, sous le général MacArthur, de nouveau comme officier du renseignement. Ensuite, il a servi au Conseil de sécurité nationale, à Washington. Il fut même officier de liaison du président Eisenhower, avec le grade de lieutenant colonel.

     En 1961, il a travaillé au Pentagone sous les ordres du général Trudeau, pour la recherche et le développement de nouvelles armes. Il quitta l'armée en 1963 et il a travaillé ensuite dans le staff des sénateurs Eastland et Thurmond, en tant que spécialiste des questions de Sécurité nationale. Tout cela signifie qu'il a été très marqué par son appartenance aux Services secrets. Au Pentagone, il a pu avoir accès à des rapports sur Roswell, mais qu'il ait été chargé d'en tirer les renseignements pour que certaines industries américaines arrivent à développer les technologies qu'il cite est de la fiction qui a d'autres buts. Corso n'hésite pas à affirmer que la motivation réelle de la course aux armements était de pouvoir faire face aux extraterrestres. Il plaide même pour que l'on continue à préparer la " guerre des étoiles " pour cette raison. Malgré tout, Corso a dû se renseigner sur Roswell et quelques informations pourraient donc être correctes.

     Il affirme que Steve Arnold, un homme du contre-espionnage de la Base de l'USAF à Roswell, comme Jesse Marcel, se serait rendu avec celui-ci sur le lieu du crash. Il faisait encore nuit, mais en regardant à l'intérieur de l'épave, il aurait constaté que la face supérieure était lumineuse " comme si le soleil était déjà levé " (p. 14). Corso explique qu'il devait y avoir " un appareil qui pénétrait notre nuit (en émettant de l'infrarouge) ou utilisait les différences de température de différents objets pour créer une image visuelle, permettant aux occupants de naviguer et d'observer dans l'obscurité " (p. 102). Il les aidait " à transformer la nuit en jour " (p. 111).

     Corso insiste: parmi les artefacts de Roswell, il y aurait eu des intensificateurs de lumière (p. 125, 127, 128, 141, 143), comme les " viseurs à infrarouge " des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale (p. 130). Les intensificateurs de lumière véritables requièrent deux ou trois étages de conversion, pour se servir uniquement de la lumière résiduelle, sans phares à lumière infrarouge. Les chars en utilisent, pour ne pas être détectés trop facilement par des petits convertisseurs d'image et devenir ainsi la cible d'armes antichars. Quelle que soit la confiance qu'on peut attribuer à Corso quant aux systèmes de vision nocturne utilisés par des OVNI en 1947, il est logique qu'ils en soient dotés. Le décodage de la photo de Ramillies nous fournit par contre une preuve assez directe de l'utilisation de systèmes de vision nocturne par des OVNI et même du renforcement de leurs efficacité par une émission de lumière infrarouge très intense.

     En 1990, le professeur Acheroy de l'Ecole Royale Militaire a parlé de mon explication de la photo de Ramillies à un officier français. Celui-ci reconnut de suite que cela expliquerait aussi une anomalie qu'il avait constatée lui-même. Quand il s'était rendu au " rideau de fer ", il avait pris deux dias d'un mirador, mais après le développement, toutes les photos du film étaient réussies, sauf celles-là. J'ai obtenu une copie de chacune de ces deux dias. Il suffit de reproduire la partie supérieure de l'une d'elles (figure 4), pour se rendre compte de sa mauvaise qualité.

Figure 4: Extrait d'une dia altérée par l'effet Herschel

     La partie inférieure est complètement brouillée, mais le mirador est encore discernable en contre-jour. C'est la couleur verte qui prédomine partout. Il importe de savoir, qu'avant la chute du mur de Berlin, il y avait une bande interdite, traversant les campagnes du nord au sud et que la " police du peuple " gardait les miradors, en étant chargée de tirer sur toute personne qui tenterait de traverser la zone interdite. Elle était délimitée par des barbelés et dégagée de toute végétation. Ces " policiers du peuple " (Volkspolizei ou Vopo) disposaient de jumelles pour la vision nocturne et de projecteurs de lumière infrarouge. Ceux-ci permettaient de scruter des endroits suspects à grande distance et de repérer des fuyards, sans qu'ils ne s'en doutent. Il est probable que les vopos savaient aussi qu'ils pouvaient perturber la prise de photos, même pendant la journée, en braquant leur projecteur à infrarouge sur la camera.

     Revenons à l'objet volant non identifié de Ramillies. Au cours de la vague belge, il y eut d'autres triangles à coins arrondis (VOB.1. fig. 1.13, 2.18, 2.27, 2.45, 2.48, 2.62. VOB.2, fig 1.32, 1.39, 1.42, 4.1, 4.12, 4.13 et le cahier des illustrations de chacun des deux rapports). Il y a même un bel exemple d'un triangle à côtés courbés (VOB.1. peinture 7.17c). Mais si les OVNI pouvaient utiliser de l'infrarouge, il serait étonnant qu'on ne l'ait jamais remarqué. En fait, il existe au moins une preuve photographique directe.

     Ce cas a été cité par Bruce Macabee [20]. Le soir du 12 mars 1991, on a pris 5 photos avec un film à infrarouge (noir et blanc, mais sensible jusqu'à 900 nm). Les trois premières photos ne montraient qu'une petite tache, bien que l'OVNI apparaissait visuellement comme une tache rouge très brillante. Les deux photos suivantes, prises quand l'OVNI était devenu blanc et moins brillant, montraient des taches 7 fois plus larges. Cet OVNI émettait donc plus de lumière IR quand l'oeil percevait moins de lumière visible. Bruce Macabee note que cela ne pouvait pas résulter d'une température plus élevée.

     L'histoire de cette " photographie apparemment ratée " de Ramillies est instructive, parce qu'elle devrait nous rendre prudents. Nous avons encore trop tendance à ne pas nous rendre compte des réalités cachées, auxquelles on accède seulement d'une manière indirecte. C'est le problème fondamental de l'ufologie. Nous ne pouvons pas aller voir à l'intérieur des ovnis et nous ne savons pas d'où ils viennent. Faut-il en conclure qu'ils n'existent pas ou que tout cela se résume à un " faux problème " qu'on ne peut pas résoudre? N'oublions pas qu'on est parvenu à savoir que les atomes et les particules élémentaires existent et même à en déterminer les propriétés, bien qu'on ne puisse ni les voir, ni les toucher.

L'objet volant non identifié de Petit-Rechain

     La seconde photo qui nous intéresse a été prise le 4 avril 1990, au domicile des deux témoins, près de Verviers [21]. A un moment donné, entre 21h30 et 22h30, Mlle S. laissa sortir son chien, un berger allemand. Elle sortit elle-même dans la cour, derrière la maison. Après 5 ou 6 secondes, elle regarda machinalement vers le ciel, où son attention fut attirée par des lumières. " J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'étoiles, mais je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas d'autres étoiles visibles dans le ciel ". Mlle S. avait 18 ans et était étudiante à cette époque. Elle pensait d'abord à ce qui serait normal, puisque ces lumières étaient immobiles, mais le ciel était couvert. Intriguée par ces lumières qui percent l'obscurité de la nuit, elle commença à remarquer de plus en plus de détails. " J'ai vu trois points lumineux blancs-jaunes, ronds, disposés en triangle et par la suite, j'ai distingué une autre lumière au centre. Pour moi, cette lumière était fixe (non clignotante) et semblait de même couleur que les autres. Je n'ai pas vraiment remarqué la forme d'un triangle. Je l'ai plutôt devinée ". Cela lui parût étrange et elle appela son ami.

     Lorsque monsieur P. M. est sorti, il a vu " trois feux blancs, ronds, disposés sur une surface triangulaire à peine perceptible ". Cet objet bizarre semblait être immobile. " Au centre, il y avait un point clignotant de même couleur, ou peut-être un peu plus rouge que les autres feux ". P. M. est un ouvrier qualifié, tourneur-ajusteur dans une usine locale. Il est habitué au travail de précision et aime relever des défis techniques. Ce n'était pas l'objet qui l'intéressait, mais il se demanda s'il parviendrait à le photographier. Depuis quelques mois, il possédait en effet un appareil photographique. Sachant qu'il était chargé d'un film dia et voyant que ce phénomène ne bougeait pas, il est allé chercher son appareil. " Je suis ressorti et aussitôt, j'ai pris deux photos dont une seule a donné un résultat ".

     Les deux témoins sont bien d'accord sur un point essentiel: il y avait trois lumières disposées en triangle, de couleur blanche et de forme ronde. Pour P. M. " l'objet semblait relativement loin, assez haut dans le ciel ", mais les enquêteurs précisent dans leur rapport que l'élévation était d'environ 45°, ce qui est facile à déterminer lors d'une reconstitution sur le lieu de l'observation (VOB.2. photo 3.1). P. M. avait l'impression que l'objet présentait sa base inférieure face à lui et qu'il devait donc être en position inclinée. Il convient de noter que les plates-formes de la vague belge n'évoluaient pas toujours de manière horizontale. Une observation diurne a même été faite, où le triangle était vertical (VOB.1. 206-208, VOB.2. 262-266).

     Quant à l'objet de Petit-Rechain, P. M. nous dit qu'il " paraissait plus grand qu'un avion de tourisme; je dirais 5 cm à bout de bras ". Si nous admettons que cela fait 80 cm et que l'objet avait une dimension de l'ordre de 10 m, nous trouvons que la distance x = 160 m (car 10/x = 5/80). P. M. a ajouté: " Quant à l'altitude, il m'est impossible de l'estimer exactement: peut-être 150 m? " Si c'était vrai, pour une élévation de 45°, le théorème de Pythagore conduirait à une distance x = 212 m. Ce n'est pas tellement différent de la valeur précédente, bien que P. Magain trouvait que l'évaluation angulaire justifiait la thèse d'un faux [22].

     L'appareil photographique (Praktica Bx20, reflex, 24 x36) ne permettait qu'un temps de pose maximal de 1 s. Le film à diapositives couleur avait à la fois des grains très fins et une bonne sensibilité (Ektachrome, 200 ASA), mais les lumières à photographier n'étaient pas tellement intenses. P. M. décida dès lors de mettre l'obturateur sur pause (B). L'appareil était équipé d'un zoom (Prakticar PB, ouverture 4-22 et distance focale 55-200 mm). Utilisant l'ouverture maximale, P. M. appuya son téléobjectif contre l'arrête d'un mur. La pose était de 1 à 2 s. Dans ces conditions, on peut prendre un cliché sans bouger, surtout quand on est un ajusteur-tourneur de 20 ans, malgré l'avis contraire des opposants [23]. P. M. prit le temps pour la mise au point et il s'est rappelé qu'il fit " reculer le zoom ". Il a donc pu choisir par exemple une distance focale de 150 mm, au lieu de la valeur maximale (200 mm), pour laisser un peu de champ autour du sujet.

     Il a déclaré aux enquêteurs: " ce qui m'a le plus impressionné, c'était l'immobilité apparente de ce phénomène ". Il me l'a confirmé récemment, en ajoutant qu'il avait pensé à un " truc de l'armée ". C'était l'hypothèse la plus normale à envisager. Il me dit: " je n'ai pas réfléchi, mais j'ai trouvé cela quand même bizarre, parce qu'un avion n'est pas immobile ". J'ai également demandé des précisions concernant le second cliché. P. M. a vu l'objet dans son viseur, sinon il n'aurait pas pris la seconde photo. Il voulait en prendre une troisième, mais l'objet partait, pointe en avant. Sa vitesse n'était pas grande, peut-être 40 ou 50 km/h [24]. Les deux témoins signalent que pendant l'observation, ils ont entendu un " léger sifflement ". Mlle S. a ajouté: " Pour moi, l'élément le plus impressionnant de cette affaire est le bruit émis par cet objet ". Pourquoi? Parce qu'il " ne ressemblait pas à celui d'un avion ". Tout cela s'est déroulé pendant environ 5 minutes.

La diapositive et les essais d'imitation

     P. M. n'attachait pas tellement d'importance à cet incident et ne s'est donc pas précipité pour laisser développer son film. Quand il reçut les dias, il constata que la première photo de l'objet montrait les lumières suivant la disposition attendue, mais qu'elles avaient des structures différentes. La deuxième diapositive était simplement noire et après quelque temps, il l'a jetée. C'étaient les dernières dias du film (35 et 36). P. M. les a montrées uniquement aux membres de sa famille et à des collègues de travail. Ceux-ci ont confirmé que la seconde dia était noire. Un de ses collègues a parlé à un photographe de presse de ce qui pourrait être une photo de l'OVNI dont on avait tant parlé. Le photographe a compris et s'est réservé le " copyright " (Guy Mossey/Sofam). Il a essayé d'en tirer bénéfice et un des journalistes contactés a demandé l'avis de la SOBEPS.

     C'est ainsi qu'on apprit l'existence de ce document. La première interview des deux témoins eut lieu le 3 août 1990. Elle a été réalisée par Guy Bleser et Patrick Ferryn. Ce dernier a pu emprunter la diapositive originale pour en faire des analyses. Sur la dia, on voit les trois lumières principales et la lumière centrale (figure 5 et VOB.2. photo couleur 3.2). La masse porteuse est à peine discernable. P. Ferryn a donc réalisé une copie surexposée qui amplifie les contrastes (figure 6 et VOB.2. photo couleur 3.3). On distingue alors les bords d'un triangle isocèle, dont on aurait coupé deux coins, orthogonalement à la base. La structure de cet objet est remarquablement identique à celle qu'on avait décrite au début de la vague (figure 1). Tous les deux sont partis pointe en avant, ce qui n'était pas toujours le cas pour d'autres triangles de la vague belge.
 
 

Figure 5: Reproduction de la partie essentielle de la diapositive originale de Petit-Rechain [25].
 

Figure 6: Reproduction de la partie essentielle d'une copie fortement surexposée de la même dia [25].

     Disposant de l'appareil photographique utilisé à Petit-Rechain et sachant que le triangle occupe sur la dia une hauteur de 19 mm sur les 24 mm qui sont disponibles (VOB.2. 222), j'ai évalué l'angle de visée de l'objet, en admettant une distance focale de 150 mm. J'ai trouvé un rapport d'environ 4/30. Si nous supposions que la distance x = 225 m, il en résulterait que la dimension de l'objet serait d'environ 30 m, tandis que la dimension correspondante pour un même type d'objet (figure 1) fut évaluée à 30-35 m.

     Les " feux " près des coins ne sont pas ronds comme les deux témoins de Petit-Rechain et tous les autres témoins de la vague belge l'avaient dit. Elles ont au contraire des structures très complexes. On constate aussi qu'elles sont étirées et forment des angles de 90° pour le feu supérieur, 120° à la pointe et 180° en bas. Chacune de ces traces est accompagnée de traits plus fins, couvrant une zone plus étendue. Certains filaments lumineux dépassent même les contours du triangle. La lumière centrale est plus concentrée, mais pas vraiment ronde. En comparant les dias couleur, on constate que les parties périphériques peu intenses de ces lumières sont plus rougeâtres que les parties centrales.

     Envisageant la possibilité d'un trucage, Patrick Ferryn a essayé de reproduire une image semblable, en photographiant une maquette qu'il faisait bouger, mais le résultat était bien différent (VOB.1. 416). D'autres tentatives ont été réalisées par un journaliste (octobre 1991), par Wim van Utrecht (octobre 1992), ainsi que P. Magain et M. Remy (janvier 1994). Les structures lumineuses pouvaient être rendues plus compliquées au moyen de masques et de surexpositions (VOB.2, photos 3.4, 3.5 et 3.6), mais le résultat était seulement satisfaisant pour ceux qui étaient convaincu d'avance que la " photo de Petit-Rechain " devait être un faux.

L'analyse par ordinateur du professeur Acheroy

     Une contribution absolument essentielle a été fournie par le professeur Marc Acheroy de l'Ecole Royale Militaire, à Bruxelles. Il a décrit lui-même la procédure et les résultats obtenus (VOB.1. p. 416-418 et VOB.2. p. 234-240), mais il convient d'en souligner l'importance et de saluer encore une fois l'excellente collaboration avec les autorités militaires et différentes instances officielles de notre pays. M. Acheroy dirige un laboratoire spécialisé dans l'analyse et l'amélioration de documents photographiques au moyen d'ordinateurs. Dans le cas présent, il a commencé par une numérisation en très haute résolution de la partie la plus significative de la diapositive (7000 sur 7000 points) et cela pour chacune des trois images (enregistrées dans les couches sensibles au rouge, vert et bleu), en 256 niveaux d'intensité [26]. On peut alors réduire le bruit optique par un filtrage adéquat et faire apparaître la gradation des intensités lumineuses, en effectuant des partitions en fausses couleurs. On peut même accentuer les contours de l'objet en augmentant les contrastes autour d'un niveau de gris donné. Voici les conclusions essentielles. J'ai ajouté des images qui n'ont pas encore été publiées et plusieurs commentaires personnels.

     Les contours de l'objet apparaissent très nettement dans la couche sensible au bleu (figure 7). On voit que l'objet a une forme symétrique, déjà décrite (figure 1). Malgré les coins coupés, le triangle isocèle est plus large que haut. La lumière dite " centrale " se trouve sur l'axe de symétrie, passant par la pointe, mais elle est plus proche de celle-ci que de la base. Les intensités lumineuses sont les plus faibles pour le fond du ciel, au bord de l'image, mais il doit y avoir eu une lumière bleutée, émise derrière l'objet. Cette lumière a été diffusée par des petites particules plus ou moins éloignées, surtout du côté de la base, mais pas devant l'objet. Puisque les témoins sont parvenus à discerner les contours de l'objet, il devait s'agir de lumière visible, peu intense. Les parties centrales des " feux " émettaient une lumière de forte intensité, tandis qu'elle était peu intense pour les parties périphériques. Certaines parties dépassent les contours de l'objet.

Figure 7: Répartition des intensités enregistrées dans la couche sensible au bleu, d'après une gradation définie en " fausses couleurs " en haut à droite. Le contour du triangle est bien apparent.

 

     2. Les contours de l'objet ne sont pratiquement pas discernables dans la couche sensible à la lumière rouge, mais les parties périphériques des feux y sont beaucoup plus étendues que dans la couche sensible au bleu (figure 7). Puisque la lumière rouge est moins diffusée que la lumière bleue [27], il devait y avoir un support gazeux pour l'émission de la lumière rouge de faible intensité. La copie surexposée de la dia originale (figure 6) suggérait déjà que les parties périphériques des feux étaient plus rouges. Elles présentent même une " structure éclatée ", comme s'il y avait eu un processus radiatif ou explosif.

Figure 8: Répartition des intensités enregistrées dans la couche sensible au rouge.

     La lumière rougeâtre de faible intensité s'étale aussi le long de la base du triangle et il y a même une tache plus concentrée au-delà de celle-ci (figures 6 et 8). A première vue, on pourrait penser que cette tache résulte d'une " aberration optique " de l'appareil (VOB.1. 418). Une seule lentille présente toujours une certaine aberration chromatique, parce que la lumière bleue est réfractée plus fortement que la lumière rouge, mais cela produit des " auréoles " qui sont identiques partout. Les objectifs composés, comme le Prakticar, compensent ces effets par des combinaisons de différents verres. On pourrait penser aussi à des réflexions multiples dans le téléobjectif, mais cela donnerait lieu à un alignement de points ou de taches lumineuses. La lumière incidente peut être partiellement réfléchie, en effet, sur les surfaces des lentilles qui agissent alors comme des miroirs sphériques. Il suffit que la lumière soit réfléchie vers l'arrière et de nouveau vers l'avant, mais il faut une source intense. On peut voir ces alignements à la télévision, quand le soleil ou une lampe très intense se trouve juste à l'extérieur du champ de l'image. Pour l'objectif utilisé (un pentacon) on n'aurait pas obtenu une seule tache, mais un ensemble de taches alignées.

     Ceci confirme l'idée des masses gazeuses, émettant une lumière rougeâtre de faible intensité. Les parties périphériques des feux indiquent qu'elles s'en libèrent plus facilement. La tache rouge derrière la base est entourée d'un cercle, plus apparent sur certaines copies de la dia contrastée (figure 6). Cela peut être attribué à la présence d'une masse brumeuse, constituée de très petites particules. Elles diffusent la lumière, en créant un cercle par des effets d'interférence.

     3. La situation est intermédiaire pour la couche sensible au vert, en ce qui concerne l'apparition des contours de l'objet et la répartition des lumières dans les " feux " (VOB.1. photos 7.17e, f et f' et VOB.2. photos 3.9 à 3.14). Nous y reviendrons plus loin.

     4. La mise au point était correcte, puisqu'une augmentation des contrastes dans la couche sensible au bleu (figure 9) montre que le contour du triangle est plus net près du coin supérieur droit du triangle qu'en d'autres endroits. Une défocalisation aurait produit un flou uniforme. On constate aussi que la diffusion de la lumière bleuâtre, émise derrière l'objet, était plus forte et plus étendue près de la base du triangle.

Figure 9: L'image dans la couche sensible au bleu, en accentuant les contrastes.

     5. Pendant la prise de vue, l'objet a effectué une rotation, corrélée avec les structures des feux. Ce n'est pas la caméra, mais le triangle qui a bougé. Ceci a été mis en évidence par le jeune lieutenant Peter Hendrickx, en réalisant son travail de fin d'études chez le professeur Acheroy [28]. La base du triangle a subi une rotation d'environ 4° dans le plan de l'image (figure 10, extraite du travail de Hendrickx et VOB.2, page de garde). La hauteur du triangle s'est légèrement modifiée, ce qui indique qu'il y avait un mouvement dans l'espace. Notons que le témoin P. M. a seulement affirmé que l'objet était " pratiquement immobile ". Il importe surtout de noter que la rotation globale de l'objet n'est pas la cause des différences entre les structures des trois feux, mais que celles-ci peuvent avoir causé la rotation, si elles indiquent la présence de forces appliquées localement. Il existerait alors un lien entre ces " feux " et le système de propulsion.

Figure 10: Mise en évidence du mouvement de l'objet pendant la prise de vue.

     6. La structure détaillée du feu supérieur dans la couche sensible au bleu (figure 11) montre que l'intensité de la lumière enregistrée augmente quand on s'approche de la partie centrale. Elle forme pratiquement un angle droit. Les parties externes de plus faible intensité confirment, même pour la couche sensible au bleu, l'existence d'un processus quasi explosif.

Figure 11: La répartition des intensités pour le feu supérieur.

     7. La structure détaillée du feu inférieur dans la couche sensible au bleu (figure 12) démontre que l'intensité de la lumière enregistrée y augmente également quand on s'approche de la partie centrale, linéaire dans ce cas. Il y a cependant un ensemble de traînées parallèles, qui dépassent en partie les contours du triangle (figures 8 et 9). Leurs intensités ne sont pas constantes.

Figure 12: La répartition des intensités pour le feu inférieur.

     8. La structure détaillée du feu central dans la couche sensible au bleu (figure 13) révèle de nouveau des intensités de plus en plus fortes près du centre. La répartition des intensités n'est pas simplement ovale. La partie externe, de faible intensité, est même un peu déchiquetée, ce qui fait de nouveau penser à un gaz qui se disperse rapidement.

Figure 13: La répartition des intensités pour le feu central.

     9. François Louange qui dirige, à Paris, une société de haute technologie, spécialisée dans le domaine de la photointerprétation des images de satellites militaires et civils, a également effectué une analyse par ordinateur. Elle confirme en particulier que la largeur de la répartition des intensités lumineuses dans le feu central est plus large dans la couche sensible au rouge que dans celle qui est sensible au bleu (VOB.1. 418, photo couleur 7.17c, VOB.2. 241). La couche sensible au vert y révèle des effets intermédiaires. Monsieur Louange est ingénieur et n'est pas seulement consulté par l'armée, l'ESA et le CNRS. Il est également consulté par le SEPRA pour évaluer une prétendue photo d'OVNI et possède donc de l'expérience à cet égard. En 1993, après son examen de la photo de Petit-Rechain, il a déposé la conclusion suivante: " Il n'y a pas de trucage et le témoin a réellement photographié un objet matériel dans le ciel " (VOB.2. 241). On pourrait envisager l'hypothèse d'un aéronef secret d'origine civile ou militaire, mais cela n'a jamais pu être confirmé.

     10 Richard Haines, spécialiste américain de la psychologie de la perception et bien connu pour ses contributions à l'ufologie scientifique [29], a également examiné la diapositive de Petit-Rechain en 1993. Il a trouvé que le feux central était situé au centre d'un rectangle, permettant d'y inscrire tout juste le triangle aux coins coupés (VOB.2. 243). Il fait remarquer que l'hypothèse d'un hologramme est exclue, parce qu'elle exigerait un support et une grande stabilité. En fait, " la symétrie géométrique de ce phénomène aérien suggère l'existence d'une forme conçue de manière voulue et destinée à la réalisation d'un certain objectif. "

     11. D. Soumeryn-Schmit, chef du service photographique de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique à Bruxelles a examiné la diapositive originale suivant d'autres méthodes. Ses conclusions, déposées en janvier 1994, montrent cependant qu'il a également mis en évidence certaines des particularités citées plus haut. Elles le rendaient très perplexe (VOB.2. 247).

     Wim van Utrecht [30], ainsi que P. Magain et M. Remy [12] n'ont pas expliqué ce qui apparaît sur la photo, mais affirmé ou du moins suggéré avec insistance qu'il devait s'agir d'un faux. Cela revient à dire que les témoins auraient menti, mais les " sceptiques " n'ont pas trouvé nécessaire d'examiner les documents eux-mêmes, puisque ce sont en réalité des " croyants " .

Entrer dans la physique des OVNI

     La photo de Petit-Rechain peut être considérée comme la pointe d'un iceberg. Nous en avons donné une description phénoménologique, mais nous aimerions comprendre ce qu'elle signifie. En premier lieu, on devra expliquer pourquoi la photo montre autre chose que ce que les témoins on vu. Il suffirait d'admettre que la photo a enregistré de la lumière ultraviolette, que les témoins ne pouvaient pas voir, mais il faudra prouver que c'est possible et que cela produirait les effets observés. Ensuite, il faudrait expliquer pourquoi y avait de la lumière ultraviolette. A quoi servait-elle?

     En 1990, quand le professeur Acheroy m'a montré la structure détaillée des " feux " sur un de ses ordinateurs et quand il m'a demandé ce que cela pourrait signifier, j'ai répondu que pour la première fois, à ma connaissance, il semblait y avoir des informations assez directes sur le système de propulsion des OVNI. Depuis 1973, je pense en effet que de nombreux détails qui émergent de l'ensemble des observations suggèrent que les OVNI ionisent l'air ambiant et qu'ils exercent des forces sur les particules chargées qui en résultent au moyen de champs électriques et magnétiques adéquats [31]. L'OVNI subit alors une force de réaction opposée. C'est elle qui assure la sustentation et la propulsion de l'objet volant.

     Ce principe de propulsion avait été conçu pour les ovnis classiques, à symétrie axiale, mais il est également applicable aux plates-formes de la vague belge. On peut dire que c'est une propulsion de type MHD ou MPD (magnetoplasmadynamique). Je préfère parler d'une propulsion électromagnétique, puisque la plus grande partie du problème à résoudre concerne la production des champs EM. Ce sont des champs oscillants, extrêmement intenses dans le voisinage immédiat de la surface des OVNI. Il faudrait également que cet objet produise une ionisation pulsée de l'air, dont la fréquence et la phase seraient adaptées aux champs.

     Les forces exercées sur les particules chargées peuvent être distribuées dans un volume assez grand, aussi bien au-dessus qu'au-dessous de l'OVNI. Il suffit de modifier la distribution spatiale de l'ionisation, tandis que la configuration du champ EM reste constante, pour que cela entraîne instantanément une modification de la force de réaction. Nous nous contentons de cette brève description du système de propulsion général, d'après ce que j'en pense pour l'instant, pour nous concentrer maintenant sur les éléments physiques qui pourraient être mis en jeu dans la photo de Petit-Rechain. Les voici: (1) Les " phares " produisent une forte ionisation locale, qui se manifeste par une émission de radiation ultraviolette. C'est elle qui devrait avoir été enregistrée sur la photo. (2) La répartition allongée des " feux " qui y apparaissent indique l'orientation de la force exercée sur les particules chargées. (3) Elle résulte de l'action d'un champ électrique et d'un champ magnétique local, dont les propriétés peuvent être précisées à partir de lois physiques connues.

L'hypothèse de l'ultraviolet et ses confirmations

     Pour ioniser l'air, il suffit de créer un champ électrique suffisamment intense. Il y a toujours quelques électrons libres qui seront accélérés par le champ électrique, malgré les collisions avec des particules neutres. Chacune de ces collisions modifie la direction du mouvement des électrons, sans que leur énergie en soit modifiée. Cela résulte du fait que les électrons sont beaucoup plus légers que les molécules du gaz. Les électrons seront cependant accélérés entre les collisions. Leur énergie augmente jusqu'à ce qu'elle soit suffisante pour exciter les particules neutres ou pour en expulser d'autres électrons. Les processus d'ionisation prédominent, parce qu'il y aura un mécanisme d'avalanche. L'émission de lumière résulte alors des désexcitations d'ions ou de particules neutres et des recombinaisons de particules chargées. C'est ce que l'on observe aussi dans les décharges électriques et dans l'éclair.

     Un champ électrique oscillant suffit. Il présente même des avantages, puisqu'on aboutira plus facilement à un équilibre contrôlable que pour un champ statique. Tout cela est bien connu pour les micro-ondes [32, 33, 34]. On peut voir ce type d'effets, quand on place une ampoule électrique usée dans un four à micro-onde. Elle s'illumine. Nous ne voyons que la lumière visible, mais la lumière ultraviolette est prédominante. C'est également le cas dans les tubes TL, dont la surface intérieure doit être recouverte d'une poudre spéciale, pour convertir la lumière UV en lumière visible. On peut s'attendre à ce que dans l'air atmosphérique, il y ait une émission de lumière qui se situe dans le proche ultraviolet. Par l'analyse spectrale de la lumière des éclairs, on sait par exemple que les ions des molécules d'azote de l'air atmosphérique (N2+) émettent une radiation très intense à 391 nm, tandis que la limite du spectre visible se situe du côté de l'ultraviolet à 400 nm.

     Peut-on prouver que les éclats de lumière qui apparaissent sur la diapositive de Petit-Rechain résultent d'un enregistrement de lumière ultraviolette? Ce n'est pas évident. La première objection résulte du fait que le verre des lentilles du téléobjectif constitue un obstacle pour l'ultraviolet, contrairement à ce qui se passe pour l'infrarouge. La transmission optique dans l'UV dépend de la nature du verre, mais normalement, elle ne s'arrête pas brusquement à la limite du spectre visible. Ce n'est pas favorable pour un photographe, parce que la lumière UV est encore plus fortement diffusée que la lumière bleue par les petites particules qui se trouvent en suspension dans l'air atmosphérique [27]. Les paysages seraient flous en été, quand il fait beau. P. M. avait donc doté son objectif d'une manière permanente d'un filtre Skylight (1A) qui coupe l'ultraviolet. Je savais cependant que la transmission optique du filtre Skylight ne chute pas brusquement à 400 nm [35]. Elle est réduite par paliers. En fait, elle tombe à 1% au-delà de 380 nm et à 0,1% au-delà de 310 nm. La lumière du proche UV pouvait donc probablement passer l'obstacle des lentilles du téléobjectif et du filtre Skylight.

     En 1991, après la publication du premier rapport de la SOBEPS, j'ai lu le livre de Ellen Crystal [36]. Elle affirme qu'elle a réalisé de nombreuses photographies d'OVNI, en particulier en 1980, à Pine Bush dans l'Etat de New-York. Ce qui était encore plus remarquable, c'est qu'elle avait trouvé sur ses photos des traces de lumières qu'elle n'avait pas vues quand elle prenait les clichés. En outre, le résultat n'était pas le même pour différents appareils photo.

     Elle écrit: " Nous étions debout dans le champ, à quatre personnes, et deux cameras prenaient des clichés. Nous regardions vers de grands vaisseaux triangulaires, ayant environ 60 m de périmètre, mais quand les films sont revenus du développement, on n'y voyait rien qui ressemblait à ce que nous avions vu. Au lieu de vaisseaux triangulaires bien nets, il y avait des décharges exotiques et des éjections (sprays) de lumières multicolores, apparemment chaotiques. Une inspection attentive montra cependant que ces flammèches semblaient commencer là où le bord de l'objet aurait dû se trouver. Apparemment, elles émergeaient d'ouvertures situées en différents endroits de l'engin. " Ceci est illustré dans le livre par des photos de flammèches et par des dessins, où Ellen Crystal a ajouté ce qu'elle avait vu. Mais le journaliste photographe qui se trouvait à côté d'elle et qui prenait des photos en même temps, ne trouva pas ces lumières sur son film quand il fut développé!

     Ce journaliste utilisa un appareil Leica, très cher, tandis que l'étudiante Ellen Crystal avait acheté un appareil Zenit bon marché, d'origine soviétique. La différence constatée sur les photos pouvait donc s'expliquer si la transmission optique était plus grande dans l'UV pour l'objectif Zenit que pour l'objectif Leica. Ellen Crystal n'était pas de cet avis [37], même quand je lui fis part des mesures que j'avais effectuées. En effet, pendant l'été 1991, j'ai eu l'occasion de me rendre avec P. Hendrickx de l'Ecole Royale Militaire à la société OIP à Audenarde. On y a effectué des mesures très précises de la transmission optique de différents objectifs depuis l'infrarouge lointain jusqu'à l'ultraviolet lointain. J'avais acheté un appareil Zenit (12XP, objectif Helios) et j'avais emprunté un appareil Leica. En outre, je disposais de la camera Praktica, avec l'objectif et le filtre que P. M. avait utilisés à Petit-Rechain et j'avais l'appareil Nikon avec l'objectif Super Komura que P. Ferryn avait utilisé à Ramillies. J'ai superposé les courbes obtenues pour les trois objectifs importants (figure 14).

Figure 14: La distribution spectrale de la transmission optique (en %) des objectifs de trois appareils photographiques dans l'ultraviolet, le visible et le proche infrarouge.

     L'objectif Zenit est très lumineux, puisque la transmission atteint 86 % dans le visible et elle s'étend dans l'ultraviolet jusqu'à 330 nm. L'objectif Leica atteint seulement une transmission de 71 % dans le visible, mais sa transmission dans l'ultraviolet s'arrête à 370 nm. La camera Praktica, produite en Allemagne de l'Est, a un objectif qui atteint seulement une transmission de 53% dans le visible, mais elle s'étend jusqu'à 350 nm dans l'ultraviolet. Cela prouve que l'ultraviolet proche peut traverser cet objectif. Nous comprenons aussi les effets constatés par Ellen Crystal.

     Le pouvoir de transmission de l'objectif Super Komura de l'appareil Nikon est de 75 - 79% entre 450 et 720 nm et il s'étend jusqu'à 350 nm dans l'ultraviolet. Ce qui importe pour la photographie de Ramillies, c'est qu'il laisse passer l'infrarouge. La transmission optique y diminue de manière progressive jusqu'à environ 2700 nm (VOB.2. figure 3.8). Il n'y avait donc aucun problème pour l'effet Herschel. J'ai déjà ajouté ces résultats à la traduction allemande du premier rapport de la SOBEPS [38].

     Il restait à vérifier que la lumière UV peut agir sur le film de telle manière qu'on obtiendrait une image blanche. Ce n'était pas évident non plus, puisqu'un film couleur produit une image blanche quand la lumière visible contient des composantes rouges, vertes et bleues en quantités équivalentes. Elles sont absorbées respectivement dans les couches sensibles au rouge, vert et bleu. Est-ce que la lumière UV pourrait, toute seule, sensibiliser les trois couches de la même manière? Pour m'en rendre compte, j'ai pris des photos de différentes lampes à ultraviolet (par exemple, un tube TL de 8 W à verre de Wood au cobalt). J'obtenais toujours une image blanche, très intense, malgré l'utilisation d'un filtre Wratten 18 A qui arrête la lumière visible [35]. Je n'étais pas encore satisfait, parce qu'il fallait prouver que la couleur blanche était uniquement due à l'ultraviolet.

     Pour être absolument certain qu'il n'y avait pas la moindre trace de lumière visible, j'ai finalement utilisé une lampe à vapeur de mercure sous haute pression (125 W, à fenêtre de quartz). Elle fournit une raie spectrale intense à 365 nm que j'ai séparée des raies spectrales à 405 et 435 nm au moyen d'un spectrographe à réseau. L'image produite par cette lumière UV était blanche pour un film identique à celui qui avait été utilisé à Petit-Rechain. Les laboratoires de recherche de Kodak et de Agfa-Gevaert ont confirmé que mon résultat était normal. Cela se comprend d'ailleurs, puisque les photons UV sont plus énergétiques et permettent une excitation directe des électrons (de la bande de valence à la bande de conduction), sans devoir passer par des sensibilisateurs chromatiques. J'ai présenté ces résultats aux conférences publiques de 1994 et lors de la conférence à l'ERM, en 1997 [14].

     La production d'une lumière ultraviolette intense par une ionisation de l'air devant les " phares " n'exclut évidemment pas qu'il puisse y avoir aussi un peu de lumière visible. La lumière bleuâtre et un peu verdâtre qui est apparue derrière d'engin semble provenir du système de propulsion général, tandis que la lumière rougeâtre devant et à côté de l'engin peut être attribuée à une excitation de particules neutres. N'étant pas retenues par des charges spatiales, elles peuvent se libérer plus facilement.

     Pourquoi le second cliché de P. M. n'a-t-il pas fourni d'image? Il suffit que l'OVNI ait brusquement allumé une source de lumière infrarouge assez intense, pour qu'on se retrouve dans la même situation qu'à Ramillies. Bien que le temps de pose était plus long à Petit-Rechain, la lumière visible n'était pas très intense et la lumière UV n'était pas nécessairement présente au moment où le second cliché a été pris, si elle servait à faire tourner l'appareil.

L'analyse détaillée d'un des " feux "

     Avant d'aller plus loin, il serait utile d'avoir une idée plus précise de la répartition de la lumière UV devant un de ces " phares ". J'ai donc demandé au professeur Acheroy s'il pouvait me fournir les courbes des intensités lumineuses constantes, enregistrées dans les couches sensibles au rouge, vert et bleu. Il l'a fait et je l'en remercie cordialement. Il a choisi le " feu " qui est situé à la pointe du triangle, en coupant l'échelle des intensités en portions égales. Le scanner était calibré de telle manière que la lumière blanche corresponde à des niveaux d'intensité identiques dans les trois couches photosensibles. Les courbes de niveau pour la couche sensible au rouge (figure 15) définissent une structure qu'on peut comparer à un massif montagneux, où les altitudes sont graduées de 1 à 10.

Figure 15: Lignes de même intensité pour la lumière enregistrée dans la couche sensible au rouge pour le " feu " à la pointe du triangle.

     Avec ma fille Bernadette, j'en ai construit une maquette, en collant des photocopies identiques sur des plaquettes en contre-plaqué. Il fallait les découper, en suivant soigneusement les contours successifs et coller les morceaux couche par couche, en les ajustant sur la photocopie précédente. Nous avons obtenu un relief montagneux assez déchiré, fort instructif, mais nous pouvons nous contenter de lire la figure 15, comme si c'était une carte d'état-major. Le côté inférieur droit du massif est délimité par une longue paroi très abrupte, puisque les lignes de niveau (2 à 8) y sont fort serrées. En " escaladant " cette face, on débouche sur un plateau (au niveau 8) et en choisissant le bon endroit, on atteint un plateau plus vaste (au niveau 9). Il est surmonté de quelques pointes isolées (niveau 10), mais nous ne devons pas oublier que les lignes de niveau analysent le relief par tranches successives. Les variations réelles du " terrain " entre les " bosses " qui émergent peuvent être assez douces.

     En progressant vers le coin supérieur gauche, on rencontre une longue gorge encaissée, très profonde (niveau 3), mais on peut choisir un endroit, où il suffit de descendre un peu (jusqu'au niveau 7) pour remonter au niveau 8 et même aux niveaux 9 et 10 sur une crête allongée. Si l'on progresse encore vers le coin supérieur gauche, on rencontre une structure montagneuse plus déchiquetée, comportant une pointe isolée (niveau 10). Le " massif " a été tronqué à l'ouest, pour que la partie sélectionnée puisse être à la fois significative et détaillée. Le versant nord et nord-est est très irrégulier. La grande paroi considérée au début est précédée d'un petit " mur " isolé (niveau 2, avec une pointe qui atteint le niveau 4, dans le coin inférieur droit). Il s'agit, en fait, d'une traînée lumineuse, située à l'extérieur du triangle.

     La répartition des intensités dans la couche sensible au vert (figure 16) montre que le " massif " des intensités lumineuses est pratiquement identique au précédent, mais il est un peu plus compact et il y a des petits " monticules " dans la " plaine ".

     Les lignes de même intensité lumineuse enregistrées dans la couche sensible au bleu (figure 17) révèlent que le " massif " reste très semblable, mais il est encore plus ramassé que pour la couche sensible au vert. Cela se voit facilement pour les intensités les plus grandes. Il y a également beaucoup plus de petites taches de faible intensité autour du " feu " à la pointe de l'objet (niveau 1), mais la traînée extérieure est absente.

Figure 16: Lignes de même intensité lumineuse dans la couche sensible au vert.

Figure 17: Lignes de même intensité lumineuse dans la couche sensible au bleu.

     L'image globale du feu à la pointe du triangle (VOB.1. photo 7.17d) ressemble à celle qu'on pourrait obtenir au moyen d'un coup de pinceaux, effectué avec une large brosse. Il faudrait cependant que les poils forment des paquets dont la courbure change progressivement et cela de manière différente. D'après notre interprétation, il s'agit de masses gazeuses, contenant des particules chargées qui sont mises en mouvement. Ces mouvements sont probablement simultanés et puisqu'on ne voit pas de coupure brusque qui marquerait un début ou une fin, ils doivent avoir eu lieu à l'intérieur de l'intervalle de temps défini par le temps de pose.

     Les petits points lumineux qui apparaissent à l'extérieur du triangle, surtout dans la couche sensible au bleu (figures 17 et 7) rappellent l'observation faite le 29 novembre 1989 par Mme B. et son fils (VOB.1. 32). Au moment où un énorme objet triangulaire aux coins arrondis passe au-dessus d'eux, à très basse altitude, ils constatent la présence de nombreuses petites lumières jaunes sur la face inférieure de l'objet. " On dirait des petites étoiles ". Il y avait aussi des petits points lumineux rouges autour de l'objet. Ils bougeaient indépendamment " comme des lucioles ". Il s'agit sans doute de petites parcelles de gaz ionisé, pouvant subsister pendant un peu de temps. Ils constituent alors de la "foudre en boule" sous une forme très petite. Elle peut subsister pendant des secondes et même des minutes. Sa couleur et sa taille sont également très variables. Les couleurs qui prédominent sont le blanc, jaune, orange et rouge (plus de 80%). Les tailles les plus fréquentes se situent entre 10 et 50 cm, mais on a déjà vu de la foudre en boule aussi petite que des petits pois [39].

     Comparons maintenant les trois figures 15, 16 et 17 entre elles. Nous constatons que la lumière UV a produit des effets très semblables dans les trois couches photosensibles. Cela explique que l'image était blanche dans la diapositive originale. Pourtant, il y a également un changement systématique. La répartition des intensités lumineuses est de plus en plus concentrée quand on passe du rouge au vert et au bleu. Il doit y avoir une raison! Rappelons-nous que la mise au point a été effectuée en lumière visible (surtout verte). Puisque la réfraction de la lumière est plus forte pour l'UV que pour la lumière visible, cela veut dire que le foyer en lumière ultraviolette se trouvait devant le film, quand le foyer pour la lumière visible se trouvait au milieu du film (figure 18). La couche sensible au bleu se trouve à l'avant, plus près de l'objectif (puisque la réfraction est plus forte pour le bleu que pour le rouge). Il est donc normal que tout point ou toute zone limitée qui émet de la lumière UV fournisse une image de plus en plus petite quand on passe du rouge au bleu.

Figure 18: La réfraction est plus forte pour la lumière UV que pour la lumière visible

     C'est un argument supplémentaire en faveur de notre hypothèse et il renforce la confiance dans l'authenticité de la diapositive de Petit-Rechain. Ceux qui essayaient de montrer qu'on pourrait facilement la produire par un trucage utilisaient de la lumière blanche et focalisaient pour celle-ci. Cela donne des effets différents, qu'ils ignoraient.

Un système de guidage auxiliaire

     Ayant prouvé que la différence entre ce que les témoins ont vu et ce qui apparaît sur la photo de Petit-Rechain s'explique par la présence de lumière UV et sachant que sa distribution est liée à la rotation de l'objet, nous devons nous demander maintenant comment cela est possible. Admettons que près de la surface externe du phare, il y ait un champ électrique E perpendiculaire à cette surface et un champ magnétique B qui y est parallèle. Il en résulte alors, d'après des lois physiques bien établies, que toute particule chargée placée dans ces champs subit une force F, orientée d'une manière bien déterminée (figure 19).

     L'orientation de F ne dépend pas du signe de la charge électrique. Puisque cette affirmation est importante, il est utile de voir comment on y parvient. Le champ électrique exerce sur une particule de charge q une force électrique qE. Elle tend à accélérer la particule, mais à cause des collisions, elle subit une force de frottement f = -mv/t, où m est la masse de la particule, v son vecteur vitesse et t le temps de relaxation qui détermine la fréquence des collisions. Le signe moins veut dire que la force f tend à freiner le mouvement; mais la grandeur de cette force augmente avec la grandeur de la vitesse v, jusqu'à ce qu'on ait atteint un équilibre dynamique (f+qE = 0). Il en résulte que la vitesse v = (qt/m)E, comme pour toute conduction électrique.

Figure 19: Les orientations du champ électrique E, du champ magnétique B et de la force résultante F agissant sur des particules chargées, positives ou négatives

     Quand une particule de charge q se déplace à une vitesse v, en étant soumise à l'action d'un champ magnétique B, elle subit une force F = q(v X B), où X désigne le produit vectoriel. A cause de l'expression de v, on trouve que la force F est effectivement orientée comme prévu (figure 19) et que sa grandeur F = q(qt/m)EB. Elle est donc indépendante du signe de q et proportionnelle à E et B. Tout ceci reste valable pour des champs qui oscillent (si la fréquence n'est pas trop élevée, pour que l'accélération reste négligeable par rapport v/t). Quand les champs oscillent de manière synchrone, le produit EB ne sera jamais négatif et la valeur moyenne de F sera positive !

     Les " phares " peuvent donc exercer des forces transversales. La valeur moyenne de la force exercée suivant la direction du champ E est nulle, puisque cette valeur sera aussi souvent négative que positive. On a supposé cependant qu'on peut négliger le champ magnétique du système de propulsion général, ce qui n'est pas toujours le cas. Ce qui importe surtout pour la photo de Petit-Rechain, c'est qu'on puisse modifier l'orientation de la force F (figure 19). Pour cela, il suffit de modifier l'orientation du champ magnétique B, parallèle à la surface du phare. On pourrait disposer un ensemble de bobines sur le bord du phare et activer toujours deux bobines qui sont diamétralement opposées.

     On aboutit ainsi à un système de guidage très flexible pour une plate-forme, du moment que les phares sont placés dans les coins de celle-ci. Cela permet de faire tourner ces engins sur place. C'est justement ce que l'on a constaté pour les OVNI de la vague belge. A Eupen, c'était un virage à 180°, mais on a également signalé des virages à 90° (VOB.2. 25, 63). C'est peut-être la raison pour le changement de forme des OVNI de la vague belge par rapport à celle des OVNI classiques. Est-ce que leur origine est différente? Nous n'en savons rien.

Le concept des ondes de plasma ioniques

     Les observations des gendarmes von Montigny et Nicoll (figure 1) montrent que les " phares " peuvent également émettre des " faisceaux lumineux ". Nous savons qu'ils ont des propriétés très spéciales, que nous avons attribuées à une radiation qui rendrait l'air lumineux. Quelle radiation? Il faudrait qu'elle ionise l'air et qu'il y ait un lien entre le mécanisme de l'émission des faisceaux lumineux et le système de guidage auxiliaire.

     Admettons qu'il y ait seulement un champ électrique E perpendiculaire à la surface du phare et pas de champ magnétique (ou pas de champ magnétique oscillant à la fréquence adéquate). La fréquence et l'amplitude du champ électrique peuvent être modifiées si l'on veut, mais nous supposons que l'amplitude des oscillations est assez grande pour provoquer une ionisation de l'air. Les particules chargées seraient alors mises en oscillation suivant la direction du champ électrique. Si ces oscillations se communiquent de proche en proche, on obtient une " onde de plasma ".

     Il y a deux types d'oscillations de plasma possibles, suivant que les particules qui oscillent sont des électrons ou des ions. Cela dépend uniquement de la fréquence de ces oscillations. En effet, les électrons ont une masse tellement petite, qu'ils oscillent facilement à haute fréquence, tandis que les ions, plus lourds, n'arrivent pas à suivre. Si les électrons se déplacent de manière collective, il en résulte une perturbation de la neutralité électrique. On crée donc un champ électrique qui tend à ramener les électrons à leur position d'équilibre, mais ils dépassent celle-ci. Ils vont donc osciller comme le fait un pendule, avec une fréquence propre bien déterminée. Elle se situe dans le domaine des gigahertz (micro-ondes).

     La situation est très différente pour des fréquences plus basses. Pour garder notre raisonnement aussi simple que possible, nous nous limitons au cas d'un plasma constitué d'électrons et d'ions positifs (sans ions négatifs). Dans son état d'équilibre, le plasma est tel que les particules positives et négatives sont réparties statistiquement de manière uniforme, mais on peut créer des mouvements collectifs des ions. Pour aider notre imagination, nous représentons les ions positifs par des cercles noirs (figure 20). A un instant donné, ils sont plus concentrés dans des bandes équidistantes, tandis que la distribution des électrons est représentée par un fond gris. A cause de leur petite masse, les électrons se meuvent très rapidement et ils subissant beaucoup de collisions. Ils sont donc en équilibre thermique, mais à une température électronique Te très supérieure à la température T du plasma, déterminée par l'agitation thermique des ions. On peut avoir une température électronique de l'ordre de 1000 K, tandis que la température T du plasma reste de l'ordre de 300 K.

 
Figure 20: Représentation schématique de la répartition spatiale des ions positifs à un instant donnédans une onde de plasma ionique. La distribution des électrons est quasi uniforme.

     Si nous admettons que les électrons sont distribués de manière uniforme, le plasma sera positif dans les couches où les ions positifs se sont rassemblés et négatif entre ces couches. Il en résulte qu'il y aura un champ électrique E, avec des orientations alternées. Puisque les ions oscillent, le champ électrique oscille également. Ces oscillations sont en général un peu déphasées quand on considère des oscillations voisines. Cela veut dire qu'on obtient une onde de plasma ionique qui se propage à une certaine vitesse. Cette vitesse dépend de la longueur d'onde qui détermine la périodicité spatiale de la répartition des ions (figure 20). Le concept des ondes de plasma ioniques est moins connu que celui des ondes de plasma électroniques, mais il n'est pas nouveau, du moins pour les plasmas peu denses [40, 41, 42].

     Puisque ce concept pourrait devenir important pour l'étude du phénomène OVNI, il est utile de préciser nos idées, en nous limitant à l'essentiel. Considérons un plasma formé d'électrons et d'ions positifs. Supposons que les ions se déplacent seulement suivant une direction donnée, choisie comme axe des x. Le déplacement moyen d'un groupe d'ions positifs par rapport à sa position d'équilibre sera représenté par u = u(x,t). C'est une fonction de la position d'équilibre x et de l'instant t considéré. Pour trouver l'équation qui régit les variations possibles de u en fonction de x et de t, il faut tenir compte des densités des particules de charge positive ou négative, n± = n±(x,t). Dans son état d'équilibre, le plasma est électriquement neutre (n+ = n- = n), mais on peut rompre cet équilibre, en créant des oscillations collectives des ions positifs. Il en résulte un champ électrique oscillant, de grandeur E = E(x,t).

     Pour aller plus loin, nous devons combiner cinq lois physiques. (1) La loi de Gauss découle de la loi de Coulomb et relie les variations de E suivant l'axe des x aux différences entre n+ et n- à différents endroits. (2) La densité n+ des ions positifs varie parce qu'il y a des ions qui sortent et d'autres qui entrent dans un volume donné. Il en découle que le changement de n+ par rapport à la densité à l'équilibre n dépend de la variation spatiale de u. (3) Les électrons subissent beaucoup de collisions et se trouvent, en fait, dans un état d'équilibre thermique. La densité n- des électrons dépend alors de leur densité moyenne n, du potentiel électrique local V et de la température Te du système des électrons. Cela conduit à deux effets compétitifs, puisque la température Te traduit la tendance au désordre, mais les électrons tendent aussi à suivre les ions positifs. Etant chargés, les électrons subissent l'action du champ électrique E qui est défini par la variation locale du potentiel V. (4) Il y a également des forces de pression, résultant des variations spatiales de la pression qui est définie par l'agitation thermique des ions et leur densité locale. (5) La loi de Newton relie l'accélération moyenne des ions au champ électrique et aux forces de pression qu'ils subissent.

     En combinant ces lois, on parvient à éliminer des variables, pour obtenir seulement une équation pour u(x,t) ou pour E(x,t). C'est l'équation des ondes de plasma ioniques. Elle démontre leur existence, comme les équations de Maxwell démontraient l'existence des ondes électromagnétiques. Elle définit en même temps leurs propriétés. Nous pouvons caractériser la variation spatiale par la longueur d'onde et la variation temporelle par la fréquence de l'onde, mais ces grandeurs sont liées entre elles, à cause de l'équation des ondes. Elle définit, en fait, la vitesse de propagation des ondes de plasma ioniques de fréquence ou de longueur d'onde donnée.

     Les oscillations collectives des ions génèrent un champ électrique et celui-ci génère les oscillations ioniques. Les mouvements oscillatoires des ions et les oscillations du champ électrique sont inséparables et s'effectuent suivant la direction de propagation de l'onde. Ce sont des ondes longitudinales. La situation est très semblable pour les ondes acoustiques, mais dans ce cas, il n'y a pas de champ électrique. Notons que les ondes électromagnétiques sont transversales, parce que les champs électriques et magnétiques y oscillent perpendiculairement à la direction de propagation. Nous parlons par contre d'ondes électriques longitudinales.

     Elles peuvent seulement exister dans un plasma, mais cela n'exclut pas l'air atmosphérique, partiellement ionisé. Dans ce cas, on doit perfectionner la théorie pour rendre compte de l'attachement des électrons et des collisions. J'ai commencé l'examen de ce types d'ondes, en cherchant à comprendre le phénomène de la " foudre en boule " [39]. Il s'agit également d'un plasma et d'oscillations ioniques, mais elles sont stationnaires au lieu d'être progressives.

Les faisceaux de " lumière solide "

     L'importance du concept des ondes de plasma ioniques réside dans le fait que l'amplitude des oscillations du champ électrique peut être assez grande pour que ce champ puisse ioniser l'air. Cela se fait par l'intermédiaire des électrons. Il en découle immédiatement que les faisceaux d'onde de plasma ioniques devraient avoir certaines propriétés.

     1. A l'intérieur d'un faisceau d'ondes de plasma ioniques suffisamment intense, l'air sera lumineux.

     2. Les bords de ces " faisceaux lumineux " devraient être nettement définis, puisque l'amplitude des oscillations doit dépasser un seuil donné pour que l'onde de plasma ionique puisse continuer à se propager, en générant elle-même le plasma dont elle a besoin pour se propager.

     3. La longueur des faisceaux qui se propagent librement dans l'air est limitée, puisque l'amplitude des oscillations doit dépasser un certain seuil. La longueur du faisceau dépendra de l'amplitude et de la fréquence des oscillations à la sortie de la source et des processus qui déterminent les pertes d'énergie en cours de route [43]. Quand tous ces paramètres sont fixés, on obtient un " faisceau lumineux tronqué ", parce que l'ionisation s'arrête dans toute la section du faisceau à une certaine distance de la source. Tout se passe, comme s'il avait été coupé au couteau.

     Comparons maintenant ces prédictions aux observations disponibles. Nous savons que des faisceaux lumineux qui ont été observés à Eupen au début de la vague belge (figure 1) avaient des bords nets et ils étaient lumineux dans tout leur volume. D'après ce que nous venons de dire, on peut donc penser que les " phares " ont créé des ondes de plasma ioniques qui se sont propagées jusqu'au sol. Cela ne s'oppose pas à ce que les " phares " des OVNI de la vague belge pouvaient assumer parfois la fonction d'un système de guidage auxiliaire, puisque cela dépend du champ magnétique local. Quand il est intense et oscille de manière synchrone avec le champ électrique, on " chasse " les particules chargées dans la direction de la force transversale. Quand le champ magnétique est nul (ou négligeable), on peut exciter des oscillations de plasma ioniques, ce qui crée un faisceau lumineux.

     Si tout cela était vrai, il faudrait qu'on trouve d'autres confirmations, même dans le cadre de la vague belge. Citons d'abord un cas qui montre d'une manière indépendante que les phares produisent une ionisation de l'air. C'est l'observation du 22 avril 1990, à Pont-de-Loup (VOB.1. 206-208, VOB.2. 262-266). Le matin, à 8 h 25, deux témoins ont vu un objet triangulaire aux coins arrondis qui se tenait verticalement à très basse altitude. Il tournait autour d'un axe vertical central (un tour complet toutes les 2 ou 3 secondes), tout en étant animé d'un mouvement de translation (à environ 30 km/h). Cela permettait de voir alternativement les deux faces de l'objet.

     La face avant portait trois grands " phares " près des coins et quelques structures secondaires. La face arrière était d'un gris métallique uniforme. Les phares étaient allumés comme des " lampes " d'une voiture, bien que le soleil était levé. Puisque le soleil se trouvait derrière les témoins, il éclairait l'objet, mais " lorsque le soleil frappait la face avant, il se dégageait des phares comme les couleurs de l'arc-en-ciel, avec une dominance de couleur rouge et orange et ceci à chaque rotation ". Cela signifie qu'il devait y avoir des petites gouttes d'eau. Il y avait effectivement du brouillard en formation. Donc l'air était humide, mais la condensation était fortement favorisée devant les phares, s'il y avait des particules chargées. C'est le même mécanisme qui rend les trajectoires des particules ionisantes visibles dans une " chambre de Wilson ". Plus on collecte des cas d'observations d'OVNI, plus on a des chances de tomber sur des cas qui permettent un décodage.

     Que les OVNI puissent mettre en jeu des champs électriques intenses pour ioniser l'air est suggéré par l'observation du 17 avril 1990. Un témoin vit un énorme engin triangulaire, doté de trois grands phares et d'une structure qui semblait comporter " une gorge assez profonde où scintillaient d'innombrables points lumineux pareils à des étincelles provoquées par du courant électrique " (VOB.1. 205).

     Quant aux faisceaux lumineux, citons le cas du 22 novembre 1990. Deux témoins virent à la tombée de la nuit un objet triangulaire allongé qui s'approcha d'eux à très basse altitude. Il se déplaçait avec sa base vers l'avant et près des coins de celle-ci, il y avait deux puissants " phares ". Les deux faisceaux intenses qu'ils projetaient vers l'avant étaient tels que " la lumière ne se dispersait pas, mais restait concentrée comme canalisée par deux tubes imaginaires " (VOB.1. 250).

     Les " phares " peuvent projeter des faisceaux lumineux qui touchent le sol, mais cela n'est pas toujours le cas. Le 23 avril 1990, on vit un faisceau orienté vers le bas, mais " il ne parvenait pas au sol. Il semblait s'arrêter avant " (VOB.1. 210). Le 12 décembre 1991, un OVNI émit verticalement vers le bas un faisceau lumineux d'un blanc mat et opaque. Il était conique et n'atteignait pas le sol. " Il semblait être tronqué horizontalement ". En outre, on précisait que le volume de ce cône tronqué était lumineux comme le serait un phare de voiture dans le brouillard. Pourtant, il n'y avait pas de brouillard qui aurait pu diffuser la lumière (VOB.2. 40).

     A l'échelle mondiale, il y a au moins quelques dizaines de cas, où l'on a observé des faisceaux lumineux tronqués dans des situations assez variées [44, 45, 46]. Le cas le plus célèbre et le plus informatif est sans doute celui de Trancas [47]. Dans la soirée du 21 octobre 1963, six soucoupes volantes avaient atterri près de la villa des Moreno, en Argentine. Quatre d'entre elles projetaient des faisceaux lumineux, parallèles au sol. C'étaient d'énormes " tubes de lumière blanche " d'environ 3 m de diamètre et une paire de ces faisceaux lumineux tronqués avait une longueur d'environ 200 m (figure 21). Ils étaient parfaitement cylindriques. L'intérieur était lumineux, les bords étaient nets et la longueur était bien définie, comme coupée au couteau! Les deux faisceaux qui se dirigeaient vers un hangar où se trouvait un tracteur se sont allongés progressivement pendant quelques minutes. Les extrémités se sont finalement immobilisées devant le hangar. Ces tubes avaient l'apparence d'une " lumière solide " et restaient en place pendant une quarantaine de minutes.

Figure 21: Des faisceaux de " lumière solide " observés en 1963 à Trancas, en Argentine [46].

     Yolié, une des trois grandes filles de la famille Moreno, s'approcha d'un de ces tubes. S'agissait-il vraiment d'un solide? Elle voulut le toucher, mais il n'y avait pas de résistance. Elle y plongea sa main et même son avant-bras. Elle constata alors que le faisceau n'en était pas déformé et que son bras ne créait pas d'ombre. C'était comme si la " lumière " pouvait traverser son bras et Yolié ressentit d'ailleurs une forte chaleur. On comprend que cette rencontre avec l'inconnu, surréaliste et pourtant réel, provoqua une grande frayeur. Une des soucoupes, proche de la maison (à l'avant plan sur la figure 21), dirigeait une paire de faisceaux de " lumière solide " vers celle-ci. Ces faisceaux ont traversé les murs, puisque dans la maison, il fit " clair comme en plein jour " et la température y est montée de 16 à 40 °C.

     Le mathématicien hollandais Jan Heering a cité ce cas et une série d'autres, pour en conclure que les OVNI mettent en oeuvre une physique qui dépasse très largement tout ce que nous savons et que nous ne devons pas nous attendre à pénétrer ces secrets de si tôt [45]. Que certains aspects puissent nous paraître extrêmement mystérieux est certain, mais à mon avis, il serait dangereusement pessimiste de propager l'idée qu'il est inutile de chercher à les comprendre, parce qu'on n'y parviendrait quand même pas. J'ai donc fait une proposition. Il pourrait s'agir, par exemple, de faisceaux de protons, dissipant leur énergie en cours de route. S'ils ont tous pratiquement la même énergie, ils parcourent une distance identique et la portée pourrait être accrue de manière progressive, en augmentant l'énergie initiale des protons.

     Cela a suscité des objections valables [46, 49], mais ce n'étaient pas les protons qui étaient essentiels à mes yeux. C'était l'idée qu'il pourrait s'agir d'une radiation ionisante, produisant une luminosité de l'air traversé. Il faudrait que cette radiation ait une portée finie, modifiable. Les " ondes de plasma ioniques " pourraient fournir une meilleure solution du problème posé. C'est du moins une voie qu'il convient d'explorer plus à fond. Ce qui me tient à coeur, en tout cas, c'est qu'on ne se contente ni d'une résignation, ni de solutions purement verbales, pratiquement paranormales. Il est possible que Jan Heering voulait seulement mettre en relief le caractère hautement original, non conventionnel, énigmatique et provoquant du phénomène OVNI. Dans ce cas, il avait bien raison. Sa compilation est même à considérer comme une étape nécessaire pour circonscrire le problème à résoudre, en partant des observations. C'est ce qu'on doit toujours faire.

A quoi pourrait servir la lumière solide?

     L'impression globale qui résulte des cas mondiaux et belges est que ces faisceaux ont une fonction exploratoire. S'il s'agit d'ondes électriques longitudinales, c'est une radiation différente des rayons X, mais elle peut traverser les diélectriques. D'après Heering [45], les faisceaux de lumière solide ne se réfléchissent pas comme les ondes lumineuses, mais nous en savons encore trop peu pour écarter la possibilité qu'ils permettent d'acquérir certaines informations. Contentons-nous de citer quelques cas de la vague belge qui sont assez intrigants.

     Déjà le 22 novembre 1989, deux témoins on vu une énorme plate-forme triangulaire, projetant vers le sol trois faisceaux d'une lumière légèrement jaunâtre, très intense. D'après les dessins d'un des témoins, ils étaient coniques, avec des bords bien définis et le volume intérieur était lumineux (VOB.1. 57, VOB.2. 161). L'intensité était " semblable à celle du jour ". Quand l'objet est passé lentement au-dessus de la route, il éclairait le sol " au point de voir les détails d'une feuille morte posée sur la route ".

     Dans la soirée du 25 mars 1991, trois témoins virent deux objets étranges (VOB.1. 284). L'un d'eux effectua un virage et se dirigea vers les témoins. Il émit alors deux faisceaux, orientés de manière différente. Un faisceau était horizontal, tandis que l'autre était orienté vers le sol, mais il balayait l'espace et il semblait être tronqué.

     Le 17 mai 1991, un témoin a vu un objet triangulaire, émettant un faisceau lumineux qui était incliné à 45°. Il sortait d'un grand orifice, d'un blanc encore plus intense. Bien que l'orifice avait le même diamètre que le faisceau, le témoin avait l'impression que le faisceau le traversait seulement, parce qu'il était " cylindrique et homogène ". Ce faisceau balayait le sol, en décrivant des huits superposés à un déplacement latéral. Ces lacets chevauchaient la séparation entre la pelouse centrale d'une chaussée à deux bandes de circulation et le macadam d'une de ses voies. La tache lumineuse sur le sol avait un diamètre légèrement inférieur à la longueur d'une voiture (VOB.2. 17-18). Le 12 mars 1991, " le projecteur se promène tour à tour sur un muret, sur un tas de fumier, puis sur un imposant châtaignier " (VOB.2. 213). Le 28 septembre 1991, le faisceau central semble insister sur un point situé dans les broussailles du terrain vague " (VOB.2. 24). Il y eut encore d'autres cas de faisceaux baladeurs (VOB.2. 168).

     A Trancas, en Argentine, on a constaté qu'à l'intérieur des faisceaux lumineux tronqués, il y avait un certain réchauffement, mais le plasma se trouvait quand même presque à la température normale, contrairement à ce qui se passe dans les éclairs ou les étoiles, par exemple. Quant à la " foudre en boule ", on sait également que ce n'est pas un plasma chaud. En effet, quand des boules lumineuses de ce genre passaient près de témoins ou d'objets inflammables, on n'a pas constaté des effets thermiques notables. Nous savons, par ailleurs, que le concept des ondes de plasma requiert uniquement une température électronique élevée. L'agitation thermique des ions et des particules neutres d'un gaz partiellement ionisé n'est pas ou presque pas modifiée.

     L'amplitude des oscillations du champ électrique peut être cependant plus ou moins grande au-delà du minimum requis. Quand elle est rendue excessivement grande, il faut s'attendre à ce que des faisceaux de lumière solide puissent produire un taux d'ionisation dangereux et donc produire des effets comparables à ceux qui sont connus pour les radiations ionisantes d'origine nucléaire. Cela pourrait expliquer des cas, où des faisceaux lumineux ont été utilisés par des OVNI ou leurs occupants, comme si c'étaient des armes. Je citerai un cas. Le 13 août 1967, dans l'état de Goias, au coeur du Brésil, un homme a tiré avec son fusil sur un des trois êtres humanoïdes qui se trouvaient à côté d'un OVNI. De celui-ci sortit alors immédiatement un " rayon de lumière verte " qui a touché le tireur à l'épaule. Il en est devenu très malade et est décédé le 11 octobre de la même année [50].

     A Trancas, en Argentine, les effets thermiques étaient notables, mais pas dramatiques. En Belgique, cela s'est passé encore mieux. Le 29 novembre 1989, un enseignant perçut un objet qui se déplaçait à basse altitude, avec un faisceau de lumière blanche très intense, dirigé vers le bas. Le sol en était éclairé et quand l'enseignant fut pris lui-même dans ce faisceau, il s'accroupit instinctivement, mais il ne ressentit rien de spécial (VOB.1. 28). Le même soir, un chien fut pris dans la lumière de quatre grands phares blancs, disposés aux sommets d'un losange. Le sol était fortement éclairé, mais le chien n'a montré aucune réaction spéciale (VOB.1. 44).

     Il y a cependant un cas en Belgique, avec des effets plus notables. Au cours de la nuit du 28 septembre 1991, un témoin fit une observation fort intéressante, dont je n'extrais que quelques aspects (VOB.2. 24). Les chiens étaient effrayés et se blottissaient contre un mur. Un faisceau d'un blanc très vif, mais non éblouissant, a balayé le sol et quand le témoin a été pris dans ce faisceau, il s'est senti paralysé. Il voulait chercher sa caméra, mais il était incapable de se mouvoir. Pourtant, il n'y avait aucun problème pour bouger ses yeux, mais ses cheveux et tout son système pileux se trouvaient brusquement hérissés. Le témoin ne se souvient pas d'avoir perçu une sensation de chaleur et à aucun moment, il ne s'est senti effrayé.

     Notons que des cas de faisceaux paralysants ou de paralysies près d'un OVNI qui avait atterri sont bien connus, de même que le fait que ces paralysies affectent les grands muscles, mais pas les yeux. Des effets apparemment électrostatiques peuvent survenir aussi sans paralysies. Ils indiquent qu'il y a une accumulation de charges électriques d'un même type.

     Nous avons déjà constaté que les ondes de plasma ioniques sont apparentées aux ondes acoustiques. Qu'il s'agisse des ondes électriques dans les faisceaux lumineux ou des champs électromagnétiques qui entourent les OVNI pour assurer la propulsion, il est probable que leurs fréquences se situent normalement dans le domaine des ultrasons. Cela pourrait expliquer certaines réactions d'animaux. Il pourrait y avoir aussi des superpositions de fréquences (sifflements) et dans certains cas, on pourrait entrer dans le domaine des fréquences audibles. Au cours de la vague belge, il y eut effectivement des cas, où les témoins ont constaté que l'OVNI qu'ils voyaient faisait un " bruit assourdissant " (VOB.1. 264, 268, 270, 274. VOB.2. 67, 111).

     Un des effets les plus étonnants que les faisceaux de lumière solide produisent parfois est de type mécanique. En effet, les faisceaux lumineux émanant d'un OVNI peuvent faire basculer un objet ou même renverser une personne. En outre, il y a eu des cas où des humains ou des occupants d'OVNI sont descendus ou montés dans un faisceau lumineux, comme si c'était un ascenseur. Je ne citerai que deux exemples.

     Le cas de Lynda Cortile a fait l'objet de la publication d'un livre [51]. Il raconte que deux agents de sécurité de l'ONU ont observé à partir d'un pont à New York comment une femme aurait été élevée, en novembre 1989. Un grand OVNI stationnait en l'air près d'un building à appartements, mais plus haut que ce bâtiment. De sa base sortit un faisceau lumineux, bleu-blanchâtre, très intense. Il s'abaissa jusqu'à une des fenêtres, dont une femme émergea, accompagnée de trois petits êtres humanoïdes. Ils montaient dans ce faisceau. Un de ces êtres se trouvait plus haut et les deux autres plus bas que la femme. Tous les trois étaient d'abord recroquevillés sur eux-mêmes et ensuite debout, avant d'être absorbés par l'objet.

     Le cas de Trevis Walton est un des premiers, où il fut question d'enlèvements [52]. Il est probablement plus fiable que d'autres qui ont suivi, mais il nous intéresse plus particulièrement, parce qu'il semble indiquer qu'il faut un réglage précis pour faire monter ou descendre. Voici un résumé des faits. Le 5 novembre 1975, vers 18 heures, sept bûcherons roulaient en camionnette dans une des grandes forêts de l'Arizona. Ils rentraient de leur travail et virent d'abord à travers les arbres une lumière. A la sortie d'un tournant, ils en découvrirent la source: un disque qui se tenait immobile dans l'air, à environ 4,5 m au-dessus d'une clairière et à moins de 30 m de la voiture. Travis Walton, 22 ans, fit arrêter celle-ci, sauta dehors et s'approcha de l'objet. Puisque ces copains lui criaient d'être prudent, il recula de quelques pas, mais à ce moment, un faisceau lumineux bleu-verdâtre jaillit du fond de l'objet. Il toucha la partie supérieure du corps de Travis Walton, le souleva du sol, les bras écartés du corps, mais le projeta immédiatement vers le bas. Pris de panique, les six autres quittèrent précipitamment les lieux dans leur voiture, mais après quelques centaines de mètres ils s'arrêtèrent. Ils virent alors le départ de l'objet lumineux et décidèrent de retourner à la clairière. Malgré leurs appels et leurs recherches, ils n'ont pas trouvé leur collègue.

     Ils se sont alors rendus à la police pour signaler la disparition, mais on les a suspectés d'homicide et ils ont dû passer au détecteur de mensonge. Travis Walton ne réapparut que le 10 novembre, désorienté et avec une barbe de 5 jours. Il se souvenait uniquement de la phase initiale de ce qu'il avait vécu. Il s'était retrouvé sur une table avec un appareil métallique au-dessus de sa poitrine et trois êtres d'une taille inférieure à 1,5 m à côté de lui. Ils avaient une grosse tête et de grands yeux. Ils semblaient soumettre Trevis Walton à une sorte d'examen médical, mais il fut très effrayé. Il se libéra et se mit à taper autour de lui. Les êtres prirent la fuite. Trevis Walton sortit de la pièce, entra dans un corridor et puis dans une autre pièce. Il y fut rejoint par un autre individu de petite taille qui lui montra d'autres parties des lieux, mais le ramena finalement à une table d'examen. Travis Walton s'y coucha et accepta une sorte de masque à oxygène. Il perdit alors connaissance et n'a plus aucun souvenir jusqu'au moment où il se retrouva dans la nature, relativement près de son lieu d'enlèvement.

     Dans le cadre de cette étude, nous devons nous demander s'il est au moins possible d'entrevoir un mécanisme qui pourrait rendre compte de l'effet ascenseur des faisceaux de lumière solide. Je pense qu'on doit combiner deux éléments. (1) Le système de propulsion des OVNI requiert des champs électriques et magnétiques qui exercent des forces sur les particules chargées. Ces forces sont pratiquement radiales pour certaines directions, mais elles peuvent être orientées vers l'objet ou en sens opposé. Cela dépend de l'instant où les particules chargées apparaissent, quelles soient positives ou négatives. (2) Un faisceau d'ondes de plasma ioniques, c'est-à-dire d'ondes électriques longitudinales suffisamment intenses ionise l'air et crée des charges à une certaine cadence. Quand cette cadence est adaptée en fréquence et en phase aux oscillations du champ électromagnétique général, on peut faire apparaître des forces qui approchent ou éloignent un corps de l'OVNI, parce qu'il a collecté des charges électriques au bon moment.

Conclusions

     La photo de Ramillies nous a appris à nous méfier de nos habitudes de pensée. Un document photographique qui ne montre rien, peut quand même être révélateur, si l'on tient compte d'autres éléments qui s'y rapportent. Il n'y a pas de doute possible: l'image latente produite en lumière visible peut être effacée par une exposition simultanée en lumière infrarouge suffisamment intense. La constatation que des OVNI peuvent émettre une radiation infrarouge très intense suggère fortement que cela fait partie de l'utilisation de systèmes à vision nocturne, dont les capacités sont renforcées, en éclairant l'environnement en lumière infrarouge.

     Il se fait qu'en terminant cet article j'ai reçu un message très remarquable d'un américain, Eric Herr de San Diego. Il avait entendu que j'avais prouvé que des photographies d'OVNI peuvent donner un résultat complètement négatif, comme si elles n'avaient pas été exposées, parce qu'il y avait une radiation infrarouge suffisamment intense. Il me demandait des informations à cet égard, en mentionnant qu'il avait lui-même une collection de 15 cas qui pourraient être attribués à de la lumière infrarouge et 10 cas qu'il attribue à des rayons X, puisque tout le film était affecté à l'intérieur de la caméra.

     La photo de Petit-Rechain est extraordinaire, non seulement parce qu'elle montre la structure d'un OVNI typique de la vague belge, mais aussi et même surtout parce qu'elle nous a permis de mettre en évidence que les grands " phares " ont certaines fonctions. Nous avons prouvé par un ensemble d'arguments convergents que la différence entre ce qui a été observé visuellement et ce qui a été enregistré photographiquement s'explique par une émission de radiation ultraviolette. Il est logique qu'elle résulte d'une ionisation de l'air. D'autres particularités de cette photo nous ont permis de déceler une des fonctions des grands " phares " situés près des coins des plates-formes de la vague belge. En tenant compte de lois physiques connues, il est permis de penser qu'ils constituent un système de guidage auxiliaire, un peu comme les fusées ont la capacité d'émettre des jets auxiliaires en plus des jets puissants qui sortent des tuyères principales. Les OVNI sont cependant plus rationnels, parce qu'ils ne doivent pas emporter la matière qui sert à leur propulsion.

     Certaines observations de la vague belge nous ont permis de reconnaître que les " phares " pouvaient assumer une autre fonction. Ils émettent parfois des " faisceaux lumineux " d'un type inhabituel. Ils ont en effet des bords nets et sont lumineux en volume. En outre, ils peuvent former des cylindres ou des cônes tronqués. Ceci semble être lié à un phénomène qui était déjà connu pour des ovnis de type classique: ils peuvent émettre des faisceaux de " lumière solide ". Nous avons essayé d'expliquer ce phénomène, en proposant qu'il puisse s'agir de faisceaux d'ondes de plasma ioniques. Elles sont associées à des ondes électriques longitudinales, dont l'amplitude d'oscillation doit dépasser un certain seuil pour que l'onde puisse se propager. C'est une hypothèse qui doit être vérifiée, infirmée ou corrigée, mais tout ceci montre du moins qu'une recherche sur le phénomène OVNI n'est pas scientifiquement inintéressante. Il est toujours utile de se poser des questions et l'on ne devrait pas en avoir peur.
 
 

Références et commentaires

[1] SOBEPS: "Vague d'OVNI sur la Belgique", Volume 1, 502 pages, 1991.
[2] SOBEPS: "Vague d'OVNI sur la Belgique", Volume 2, 480 pages, 1994.
[3] A. Meessen: "Les observations décisives du 29 novembre 1989". VOB.1. 11-49, 1991
[4] A. Meessen: "Etude approfondie et discussion de certaines observations du 29 novembre 1989", Inforespace, n° 95, 16-70, oct. 1997; <html://www.meessen.net.
[5] Etant donné que la plate-forme était horizontale à 120 m au-dessus du sol et que le centre de la tache de lumière se trouvait à environ 50 m du bord de la route, où les gendarmes s'étaient arrêtés, le centre de la plate-forme ne se trouvait qu'à une distance de l'ordre de 130 m. La vision binoculaire permet alors d'évaluer des dimensions, quand on y est exercé.
[6] Les gendarmes s'étaient postés à un endroit où l'objet volant non identifié aurait dû les survoler, mais il rebroussa chemin avant d'y arriver.
[7] A. Lausberg: "Réflexions sur les OVNI et l'astronomie", Le Ciel, Bull. Soc. Astr. Liège, 413, nov. 1989. "Objectif Recherche OVNI", dans la revue Objectif, n° 6, 22, juin 1990. "La farce des OVNI", journal La Wallonie, 9, 26/27 oct. 1991.
[8] Le communiqué des dix était signé par J. Demaret, N. Grevesse, A. Lausberg. J. Manfroid, A. Noels, J. Surdej et J.P. Swings de l'Institut d'astrophysique de l'U.Lg, A. Koeckelenbergh et A. Quinet de l'ULB et de l'Observatoire à Uccle ainsi que J. Gridelet, Dr. med. à Liège. Il était intitulé: "D'autres scientifiques belges face aux OVNI", La Wallonie, 26 et 27 oct. 1991. Voir aussi: G. Lecocq: "Vous avez dit OVNI?" La Meuse - La Lanterne, 31. oct. 1991; C. Laporte: "Une approche plus scientifique du phénomène des ovnis". Le Soir, 22 oct. 1991.
[9] P. Ferryn: "Vidéofilms et photographies", VOB.1. 397-422, 1991.
[10] A. Meessen: "L'effet Herschel", VOB.1. 423-435, 1991.
[11] P. Ferryn: "Retour à Petit-Rechain", VOB.2. 221-248, 1994.
[12] P. Magain: "OVNI belges", communiqué de presse signé aussi par M. Remy et les membres de l'IA de Liège qui avaient signé le communiqué précédent, à l'exception de J. Surdej. Voir aussi J.P. Borloo: "Ovnis: la réplique des scientifiques", Le Soir, 2 mai 1994 et L.P.: "La vague d'Ovni serait "naturelle"", La Libre Belgique, 3 mai 1994.
[13] A. Meessen: "La détection radar", VOB.1. 351-396, 1991; "Observations, analyses et recherches", VOB.2. 387-432, 1994, "Analyse approfondie des mystérieux enregistrements radar des F-16", Inforespace, n° 97, 9-48, 1999; également sur internet: <http://home.nordnet.fr/~phuleux/analyse.htm
[14] A la réunion du 5 mai 1997 ont participé: Marc Acheroy, Michel Bougard, Léon Brenig, Lucien Clerebaut. Patrick Ferryn, François Louange, Monsieur P. M. qui a pris la photo, Auguste Meessen, Emil Schweicher et Isabelle Stengers.
[15] Il s'agissait du gendarme Renkin qui avait initié le vol des chasseurs F-16, parce qu'il avait vu dans le ciel des lumières au comportement étrange et téléphoné à la station radar de Glons.
[16] La lune était assez réduite (34%) . Elle se trouvait à ce moment assez basse sur l'horizon, à peu près au NWW, tandis que l'objet volant venait du SSE et on l'a photographié à une élévation de 45°.
[17] Les photons de lumière IR doivent seulement libérer des électrons des grains d'argent, en les faisant passer à la bande de conduction des cristaux d'halogénure d'argent.
[18] T.H. James and G.C. Higgins: "Fundamentals of photographic theory", Wiley , fig. 4.6. 1947.
[19] P.J. Corso and W.J. Burnes: "The day after Roswell", Pocket Book, 1997.
[20] B.S. Maccabee: "Gulf Breeze without Ed", Mufon Intern. UFO Symp. Proc, 185-267, 1991 (voir p. 230).
[21] L'observation eut lieu au cours de la semaine qui précédait le week-end de "l'opération de Bierset" organisée par la SOBEPS, mais les témoins ne savaient plus si c'était le mercredi 4 ou le samedi 7 avril 1990. Messieurs Magain et Remy ont exclu la seconde date, à partir des conditions météorologiques (VOB2. p. 230). Mlle S. pensait d'ailleurs que c'était un jour de la semaine. Ajoutons que la Lune aurait été visible (75% à environ 50° d'élévation), s'il n'y avait pas eu de couverture nuageuse.
[22] L'angle qui est sous-tendu par l'objet est donné en degrés par (5/80)360/2p, soit environ 3,6°. P. Magain disait 3 à 5°, ce qui ferait 6 à 10 fois le diamètre apparent de la Lune. Il en conclut que les témoins auraient dû remarquer "la structure complexe des phares, si évidente sur les clichés". Ce n'est pas nécessaire et la Lune couvre un angle de 0,5° pour un astronome, tandis que d'autres voient une Lune agrandie près de l'horizon.
[23] P. Magain et M. Remy affirment avec assurance: "il nous paraît inévitable que l'appareil photographique ait bougé pendant la pose, ce qui est d'ailleurs confirmé par P. M." Il essayait de s'expliquer la différence entre la diapositive et ce qu'il avait vu. Notons que son témoignage est pris au sérieux quand cela paraît utile.
[24] P. Magain et M. Remy font grand de cas du fait que Mlle S. avait déclaré que l'objet serait "parti d'un coup, pfffuit...!". Elle a ajouté cependant: "A vrai dire, lorsque P. prenait les photos, je ne faisais plus attention (à l'objet). Quand j'ai regardé à nouveau, l'objet avait disparu."
[25] La diapositive originale et sa copie améliorée sont soumises au copyright de Guy Mossay, Safam, Bruxelles, Tél. 02.726 9800. Cette publication sur Internet a fait l'objet d'une autorisation de la SOBEPS.
[26] Le scanning a été réalisé par la firme Barco Graphics, à Gand, avec une résolution proche de celle du grain de la pellicule. Ces données ont été stockées sur un disque optique et un logiciel spécial a dû être mis au point pour traiter cet énorme fichier.
[27] Les belles journées d'été sont marquées par un ciel bleu, parce que des petites particules diffusent la lumière bleue plus fortement que la lumière rouge. La brume et le brouillard sont blancs, parce que la diffusion est importante pour toutes les couleurs quand les particules sont plus grandes.
[28] P. Hendrickx : "Bepaling van de impulsieresponsie van een optisch systeem met als doel de restauratie van gemaakte beelden". Ecole Royale Militaire, Bruxelles, 1992.
[29] R. F. Haines: "Observing UFOs, An investigative handbook", Nelson-Hall, Chicago, 1980.
[30] W. van Utrecht: "Triangles over Belgium - A case of Uforia?", Studiegroep Vreemde Luchtverschijnselen, Antwerpen, 1992; "The Belgian 1989-1990 UFO wave, in UFO 1947-1997", in "Fifty Years of Flying Saucers", H. Evans and D. Stacy (ed). Fortean Times. J. Brown Publ. London, 1997.
[31] A. Meessen: "Réflexions sur la propulsion des OVNI". 1. Une évaluation globale du problème. 2. Une propulsion magnétohydrodynamique? 3. Quelques faits observés. Inforespace, n° 8, 31-34; n° 9, 10-18, n°10, 30-40, 1973; "Des signes de civilisations extraterrestres?" Revue des Questions Scientifiques, n°156, 443-481, 1985 et n° 157, 149-178, 1986, "Analysis of physical aspects of the UFO Problem". First European Congress on Anomalous Aerial Phenomena, Bruxelles, Nov. 1988, SOBEPS.
[32] On peut s'en rendre compte soi-même, en plaçant une ampoule électrique usée dans un four à micro-ondes. L'ampoule devient lumineuse, parce que les molécules du gaz qui s'y trouvent sont ionisées. L'émission de lumière résulte des recombinaisons, mais il y aura aussi des excitations de particules neutres, suivies de désexcitations.
[33] S.C. Brown: "Breakdown in Gasses: Alternating and high-frequency fields". Encyclopedia of Physics, XXII, Springer , Berlin, 1956.
[34] A.D. Mac Donald: "Microwave Breakdown in Gases", Wiley, N.Y. 1966.
[35] Kodak-Pathé: "Filtres Kodak pour usages scientifiques et techniques",1981.
[36] E. Crystal: "Silent Invasion", Paragon House, N.Y. 1991.
[37] Ellen Crystal était persuadée que les différences étaient dues à une radiation infrarouge.
[38] SOBEPS: "UFO-Welle über Belgien", VOB.1, Zweitausendeins, 1993.
[39] F. Arago: "Sur le tonnère", Annuaire Bur. Longit. Paris, 1838; W. Brand: "Der Kugelblitz", Probleme der kosmischen Physik, Hamburg, 1923; S. Singer: "The nature of ball lightning", Plenum press, 1971; J.D. Barry: "Ball lightning and beadlightning, extreme forms of atmospheric electricity", Plenum press, 1980; W.N. Charman: "Ball lightning", Phys. Reports, 54, 261-306, 1979; B.M. Smirnov: "Physics of ball lightning" Phys. Reports, 224, 151-236 (1993); W.A. Corliss: "Handbool of unusual natural phenomena", 1978, 1982, 1993; M. Stenhoff: Ball lightning: an unsolved problem of atmospheric physics, 1999.
[40] E. Nasser: "Fundamentals of gazeous ionization and plasma electronics", Wiley, 1971.
[41] F. F. Chen: "Introduction to plasma physics", Plenum Press, 1974.
[42] R.N. Franklin: "Plasma phenomena in gas discharges", Clarendon, Oxford, 1976.
[43] Il y a cependant des mécanismes très remarquables qui compensent en partie l'amortissement des oscillations des ions, à cause des collisions qu'ils subissent dans un milieu relativement dense. Ce mécanisme est essentiel pour expliquer la survie relativement longue de la foudre en boule.
[44] C. Bourtembourg et A. Ashton: "A preliminary catalogue of solid light cases", SOBEPS, Buxelles, 1976.
[45] J. Heering, "UFO Physics" 1, FSR 22, n°5, 19, 1976; 2. FSR 24, n° 2, 25-27, 1978; "Aspects physiques des manifestations du phénomène OVNI" (1) Inforespace 39, mai 1978, 24-30, (2) Inforespace 39, sept. 1978, 35-36; "A comparative analysis of 62 "solid light" beam cases". UPIAR 2, n°1, 11 1977.
[46] W. Bucher: "Solid lights", in "Ungewöhnliche Eigenschaften nichtidentifizierbarer Lichterscheinungen". Ed. I. Brand. Mufon-CES, 1978, 163-225.
[47] O.A. Galindez: "Trancas after seven years", FSR, 17, n°3, 14, 1971, trad. fr. LDLN, 121 et Phénomènes Spatiaux, 33. Voir aussi J. Lob et R. Gigi: "Au cœur de l'étrange", in "O.V.N.I. dimension autre" (2), Dargaud, 1975, 24-29.
[48] A. Meessen: "Commentaire concernant les aspects physiques du phénomène OVNI et les faisceaux lumineux tronqués", Inforespace, 40, juillet 1978, 2-5.
[49] J. Heering: "Réponse de Jan Heering au Pr. Meessen". Inforespace, 42, novembre 1978, 18-19.
[50] Inforespace, n° 12, 38-41, 1973 et R. Fouéré, Phénomènes Spatiaux, n° 19, 23-28, n° 21, 23-25, 1969. Voir aussi J. Lob et R. Gigi: Au coeur de l'étrange, O.V.N.I. dimension autre (2), Dargaud, 1975, 19-22.
[51] B. Hopkins: "Witnessed. The true story of the Brooklyn Bridge UFO abduction", Pocket Books, N.Y. 1996; "The Linda Cortile abduction case", Mufon UFO J. n° 293, 12-16, 1992; S. Casteel: Earwitness, "An interview with Budd Hopkins", Mufon UFO J. n° 341, 3-7, 1996.
[52] T. Walton: "The Walton experience", Berkeley paperback, 1978. "Fire in the Sky", Paramount movie, 1993 (see also Mufon J. Febr. 1993); The Encyclopedia of UFOs, R.D.Story (ed). Dolphin books, 1980.